|
(Mauvaise) Humeur… de chien Il est bien connu que la chasse est une affaire de passionnés. De surcroît, lorsque chasse et élevage canin se marient, la passion n’en devient que plus prenante et plus belle.
Des groupes d’éleveurs valaisans et tessinois, de retour de l’exposition canine internationale de St-Gall (17 mai 2008) m’ont fait part de leur mécontentement pour ne pas dire de leur déception suite à cette journée.
Si des problèmes organisationnels sont apparus (en sus d’un accueil taxé d’une cordiale bienvenue à 15.- la place de parc), ladite journée fut un flop pour nos groupes d’éleveurs passionnés ainsi que pour bon nombre d’éleveurs et représentants de diverses fédérations et groupements.
La Fédération suisse du chien courant n’a, semble-t-il, pas mesuré la portée d’une telle organisation. Attraper le train en marche sous l’égide d’Animalia et compter sur une organisation à même de recevoir plus de 1800 chiens était la solution de facilité !
S’investir et tout mettre en œuvre pour donner aux races suisses la place qui leur revenait aurait été plus judicieux.
Aucun contrôle vétérinaire d’entrée (sanitaire et puce) laisse la porte ouverte à tous les abus (!) sans parler des risques de pandémies à l’heure des alertes à répétitions qui touchent notre faune (grippe aviaires, contaminations en tout genre, etc.).
La non-identification des chiens (!) laisse également la porte ouverte à tout procédé ne pouvant que nuire à l’image de l’élevage en général.
Le concours (présentation et taxation) n’a apparemment pas été à la hauteur de la réputation de nos races suisses.
Il faut rappeler que nos races connaissent un succès énorme ; pour preuve, les demandes affluent de la majorité des pays européens pour l’acquisition de tel ou tel auxiliaire de chasse.
La présentation de nos chiens fut indigne d’une telle manifestation et contraire à toute éthique de motivation et d’encouragement pour des éleveurs qui consacrent une part importante de leur temps à promouvoir ces races.
Ne parlons pas d’éventuelles récompenses ou cadeau souvenir qui ne semblaient pas être une priorité pour notre Fédération. Ceci malgré, sur le ring d’honneur, une panoplie importante de coupes et trophées récompensant toutes les autres races canines.
Plus de 600 kilomètres de déplacement, 7 heures de route, la Fédération suisse n’a pas mesuré l’engagement de nos éleveurs, malgré une inscription à hauteur de 90 francs par chien.
Il faut garder à l’esprit que l’élevage est le garant de la sauvegarde d’une race. Pour mémoire, sans faire dans l’alarmisme le plus primaire, rappelons la disparition de la race « Courant d’Argovie ». La Suisse berceau de la race nommée « chien de meute d’Argovie » au fil de tergiversations liées à sa ressemblance avec le « bruno du Jura » laissa cette race un peu dans l’oubli.
Le club suisse des chiens courants décida en assemblée générale (1990) d’abandonner son élevage. Le club français des chiens courant suisses saisit alors la balle au bond, sauva l’espèce en « naturalisant » ladite race.
L’avenir de nos races dépendant de nos élevages, l’avenir de nos chasses dépend également de nos chiens.
2009 verra la ville de Martigny accueillir au CERM une exposition internationale. Gageons que les organisateurs auront à cœur de relever la barre après le flop de St-Gall. Ceci demandera un engagement et une motivation basée sur la défense de nos races canines.
La passion des chasseurs éleveurs saura relever le défi, déjà par des annonces préalables et un travail de préparation à la hauteur des efforts des éleveurs.
Léonard L.
|