Avec le lièvre variable et le lagopède alpin, l’hermine change de livrée: de brun foncé sur le dos et blanchâtre sur le ventre, la fourrure passe au blanc en hiver, seul le bout de sa queue reste noir.

Ce mustélidé carnivore relativement petit, de 22 à 32 cm de long pour un poids de 125 à 440 grammes, est un chasseur très habile qui se nourrit de petits rongeurs, campagnols, d’oiseaux, de grenouilles ou d’insectes et parfois de lapins…

Elle chasse en zigzag, progressant souvent par une série de sauts caractéristiques. Elle est habile à trouver ses proies, les rongeurs et les lapins sont souvent repérés et suivis à l’odeur. Elle s’approche alors au plus près avant de lancer son attaque finale. Avec une vitesse impressionnante, elle saisit le plus souvent sa proie à la base de l’arrière de la tête et mord le cou de ses dents pointues. La victime succombe, souvent rapidement, à ces morsures à la base du crâne.

Observation exceptionnelle

Notre photographe Robert Maier a eu la chance d’assister à une scène de chasse aux lapins dans un parc national autrichien. Il nous livre ici ses photos et son témoignage: «Un jour (il y a deux ans de cela) j’ai eu la chance de faire une observation exceptionnelle: pour la première fois de ma vie de photographe animalier que je pratique depuis quarante-deux ans, j’ai pu observer et photographier une hermine tuant des jeunes lapins.

Dans le parc national du lac Neusiedl en Autriche j’avais vu une hermine s’introduire dans un terrier de lapins. Elle en est ressortie très vite, a cherché soigneusement dans les environs et est entrée une nouvelle fois, mais dans un deuxième trou, et là ce fut comme une véritable explosion: un grand nombre de lapins, adultes et jeunes, ont soudain jailli de leur demeure d’un seul coup et ont disparu dans les alentours parmi les touffes d’herbes. L’hermine resta cachée à mon regard pendant quelques minutes dans le terrier et réapparut un moment plus tard, transportant un jeune lapin tué et elle le déposa à l’entrée du terrier.

Mais l’hermine ne semblait pas encore satisfaite avec cette seule prise. Elle déposa le petit lapin mort et se remit à chercher dans les alentours. Après un moment elle a découvert un deuxième petit qui se cachait dans les herbes. Une lutte violente, un tourbillon rapide commença. Le jeune lapin, plus grand et plus lourd que l’hermine, se défendait comme il le pouvait, se tordait, se dressait sur ses pattes de derrière, cherchant à s’échapper. En vain. La morsure de l’hermine sur la nuque du lapin lui fut fatale en quelques minutes. Puis commença alors le transport des deux proies. A deux reprises la mère hermine les emporta en traînant chacun des deux lapins morts, ils étaient bien plus lourds qu’elle, pour finalement disparaître sous une haie à une trentaine de mètres du lieu de la chasse. Cela semblait constituer un effort extrême pour elle. Mais évidemment elle devait bien apporter de la nourriture à ses jeunes qui devaient sans doute se trouver là…»

Reproduction

La période de reproduction a lieu au printemps, en avril ou mai, au terme de deux cent huitante  jours de gestation elle met bas en moyenne trois à huit petits. A huit semaines déjà ils sont capables de chasser avec leur mère qui les élève seule, le mâle n’ayant qu’un rôle de reproducteur.

Son espérance de vie moyenne est de un à deux ans. Ses prédateurs potentiels sont des carnivores plus grands, le renard, la martre, le blaireau, les rapaces et parfois les chats domestiques.

Texte Jean Bonnard, photo Robert Maier 

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