Notre correspondant Eric Joly rapporte les propos du président de l’association «La véritable alliance verte», Ron Thompson, à Johannesburg dans le cadre de la préparation d’une conférence de la CITES, ou Convention de Washington. Ron Thompson déclare que la CITES, censée veiller à la survie des espèces, «est maintenant devenue le principal facteur de dégradation de la vie sauvage, de la biodiversité, et le principal facteur de l’extinction des espèces en Afrique».

L’Afrique du Sud a fait de la chasse sportive la colonne vertébrale de ses activités liées à la vie sauvage. Les ranchs de chasse occupent 16,8 % des terres agricoles, on y recense 16 millions d’animaux sauvages et on y emploie 100 000 personnes.

Quand on nous montre des bûchers où l’on brûle face aux caméras du monde entier des tonnes d’ivoire, il ne s’agit pas des conséquences de la chasse, mais bien du braconnage à grande échelle. Car là où il y a de la chasse, il y a des gardes-chasse, dont le salaire est assuré par les chasseurs. Et là où on ne chasse pas, on braconne. Sans souci pour l’avenir de la faune en général et de certaines espèces sérieusement menacées en particulier…

Ici en Europe et en Suisse, nous avons un peu les mêmes problèmes, toutes proportions gardées, avec le lynx et le loup, ces désormais «forcément adorables» prédateurs qui empoisonnent la vie des éleveurs et massacrent le gibier, au risque de bientôt priver les chasseurs de la motivation nécessaire et suffisante pour alimenter les caisses de l’Etat par les recettes des patentes (pensons-y quand même…), sans parler des autres retombées générées par la chasse.

Quelle logique peut justifier qu’on sacralise des prédateurs nullement menacés de disparition alors que depuis 2010 les deux Chambres fédérales ont accepté la motion Jean-René Fournier qui prévoyait que l’on quitte la Convention de Berne si celle-ci ne permettait pas une maîtrise effective et efficace des grands prédateurs en Suisse?

On tergiverse, on temporise et les meutes se multiplient. Comme se multiplient les études, les solutions miracles de protection des troupeaux, bien vite remises en question par de nouvelles trouvailles-gadget et ces autres activités générées par la prolifération des lynx et des loups. A tel point que l’adage «pas de loups, pas de sous» s’insinue dans les esprits et que certains protecteurs de la faune semblent déjà plus motivés par une volonté de boycott de la chasse plutôt que par une réelle protection de la faune.

Lors de la dernière assemblée cantonale de la Diana vaudoise, Narcisse Seppey, ancien responsable de la chasse et de la faune valaisanne, a conclu: «Peut-être que le chamois ne disparaîtra pas. Mais les rares survivants se seront réfugiés là où plus personne ne les verra…» Est-ce réellement ce que nous voulons?…

Jean Bonnard, rédacteur de «Diana Chasse et Nature»

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