La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme «Convention de Washington», est un accord international entre Etats. Elle a – théoriquement – pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces.

Sur le papier tout est bel et bon. Malheureusement, il est apparu de plus en plus clairement que cette Convention qui fait la pluie et le beau temps dans le domaine de la faune est de plus en plus infiltrée par des mouvements anti-chasse, qui l’utilisent pour saboter un loisir honni. C’est ce qu’a très justement démontré le Sud-Africain Ron Thomson lors de la dernière conférence qui s’est tenue à Johannesburg. Ron Thomson est à la fois chasseur et naturaliste. Il préside une organisation écologiste raisonnable intitulée «La véritable alliance verte.»

Exterminé par des gangs qui revendent les cornes une fortune, le rhinocéros continue à prospérer en Afrique du Sud où il est protégé par des gardes armés.

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Interdiction d’importer les trophées de lion? Les chasseurs restent en Europe et les braconniers ont le champ libre.

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Son discours percutant a remué l’auditoire.

En voici des extraits.

«La CITES est maintenant devenue le principal facteur de dégradation de la vie sauvage, de la biodiversité, et le principal facteur de l’extinction des espèces en Afrique.

Quand ils ont rallié la CITES, des pays comme l’Afrique du Sud et le Zimbabwe conservaient évidemment leurs droits de bien gérer la vie sauvage. Ils n’ont pas autorisé la Convention à se substituer à eux. Pourtant, aujourd’hui, ce sont bien les 182 délégués qui ont, de fait, le pouvoir de décision. Or il se trouve que la majorité de ces délégués n’ont aucune connaissance en matière de vie sauvage et d’habitat. Pire: ils ne risquent absolument rien quel que soit le réultat de leurs décisions». Thomson prend le cas de l’Afrique du Sud.

La chasse sportive, explique-t-il, est la colonne vertébrale de toutes ses activités liées à la vie sauvage.

Les ranchs de chasse occupent 16,8% des terres agricoles, ils ont 16 millions d’animaux sauvages, emploient environ 100 000 personnes. En comparaison les réserves et les parcs de vision n’occupent que 6,1% des terres agricoles et ne comptent que 6 millions d’animaux. Les revenus de la chasse sont trois fois plus importants que ceux de l’élevage classique.

«Pour toutes ces raisons vous comprendrez que les pays occidentaux n’ont pas de leçons à nous donner en matière de vie sauvage. Nous sommes, en effet, les champions du monde dans le domaine de la bonne gestion de cette ressource. Pourtant, malgré cette évidence, nos adversaires n’hésitent pas à dire que nous nous trompons». Et il ajoute:

«Une administration américaine toute-puissante impose ses conceptions aux Etats africains. J’ai du mal à comprendre comment ces pays peuvent accepter d’être dirigés par cette administration ou par la CITES dont on sait que les 182 délégués sont constamment travaillés par le fanatisme des mouvements abolitionnistes. (…)»

Masaïs. La faune a périclité au Kenya, un pays où la chasse est interdite… Les éleveurs considèrent les prédateurs comme des ennemis et les détruisent massivement. Ils envahissent aussi les réserves avec leurs troupeaux pour trouver de nouveaux pâturages.

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Achetés

Et Ron Thomson d’ajouter: «Quantité d’ONG anti-chasse participent à la CITES. Elles n’ont pas le droit de vote mais savent se montrer très persuasives. On peut même dire qu’elles ont pris le contrôle de la Convention. On doit se poser la question: pour quelle raison les anti-chasse ont-ils rejoint une organisation qui a pour but de réglementer le commerce de la vie animale? La réponse est évidente: pour la saboter.

Plus d’un délégué m’a personnellement confié qu’il participait à la CITES pour rencontrer tel ou tel représentant d’une ONG qui devait le payer. Certains votes sont purement et simplement achetés. Deux délégués africains m’ont assuré qu’une ONG leur payait l’avion, l’hôtel, les repas et même les filles! En retour, ils s’engageaient à voter comme il faut. (…) La doctrine des défenseurs des droit des animaux fait un tabac. C’est devenu une excellente affaire. En déclarant que le lion ou l’éléphant sont au bord de l’extinction – ce qui est faux – ces organisations ont sensibilisé le public et obtenu des dons considérables.

Le Fonds international pour le bien-être de l’animal (IFAW) – la première de ces organisations – dispose d’un revenu annuel de 200 millions de dollars. (…)»

Non, l’éléphant ne va pas disparaitre: certaines populations sont en excellente santé voire excessives pour leur environnement.

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Le cas de l’éléphant d’Afrique

Pour tenter de mettre un terme à la désinformation relayée en boucle sur tous les grands médias internationaux, Thomson a pris le cas de l’éléphant.

«La campagne de désinformation menée par les lobbies des «droits des animaux» a atteint une ampleur inimaginable. Le monde entier pense maintenant que l’éléphant d’Afrique va disparaître. Mais qu’en est-il réellement? Quels sont les faits?

Faisons le point: il existe aujourd’hui cent cinquante populations d’éléphants qui vivent dans trente-sept pays. Certaines de ces populations sont effectivement en danger. Ce sont surtout celles de l’Afrique de l’ouest et elles méritent une protection absolue. D’autres sont en bon état. Elles se développent harmonieusement et ne portent pas tort à l’habitat. Ces populations devraient être gérées pour les conserver au même niveau.

Pathétique

Enfin, quelques populations se développent de façon excessive. Elles détruisent leur habitat. A terme, elles risquent de ruiner leur propre environnement. Dans ce cas-là, la chasse doit être pratiquée de façon extensive. Il faut savoir qu’une population d’éléphants peut doubler en dix ans. Au Botswana elle est passée de 54 500 animaux en 1990 à 120 600 en 2000, puis à 207 000 en 2013.

Et Thomson d’enfoncer le clou: «C’est la raison pour laquelle les interdictions de Barak Obama sur le commerce de l’ivoire sont pathétiques. Et elles n’aident pas l’éléphant le moins du monde». Si les Américains veulent réellement sauver les éléphants, les lions et les rhinos, ils doivent convaincre leurs hommes politiques de laisser les Etats africains gérer eux-mêmes leurs populations sans intervention extérieure, et sans l’intervention des bureaucrates de l’U.S. Fish and Wildlife Service.

La chasse raisonnable du grand gibier africain, ici un léopard, a un double avantage: aide financière aux populations locales et préservation de l’espèce très soigneusement gérée.

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Et de conclure: «L’Afrique n’a pas besoin de canonnières idéologiques pour déterminer sa stratégie».

Malheureusement le ver est dans le fruit. De puissantes organisations «animalistes» noyautent des conventions comme la CITES qui fait la pluie et le beau temps. Elles ont assez d’argent, comme l’a souligné Thompson, pour «persuader» certains délégués de voter dans le bon sens.

La seule solution pour les Etats serait aujourd’hui de se retirer purement et simplement de cette organisation internationale, afin de ne plus être liés par ses décisions.

Texte et photos Eric Joly

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