Commission « Sangliers »
La commission « Sangliers » de Neuchâtel invite les chasseurs neuchâtelois à prendre connaissance de la lettre écrite le 19 mai 2009 à A. Fiechter, inspecteur de la Faune, suite à la décision de l’ancien conseiller d'Etat concernant le tir spécial de sangliers au printemps. Elle souhaite ainsi montrer aux chasseurs sa réaction et sa position.
Cher Arthur,
La décision de M. F. Cuche de faire intervenir les gardes-faune auxiliaires et les mesures que tu as mises en place ne conviennent pas à la Commission Sangliers. En tant que président, je me permets de t’envoyer ce qui suit.
Contrairement à ce que tu as laissé entendre lors de notre dernière assemblée aux Planchettes, aucune discussion n’a pu avoir lieu avant que ces mesures ne soient mises en place. Cette décision grave de conséquences a été officialisée sans communiquer avec les personnes responsables. Les dernières élections cantonales n’ont-elles pas justement mis en évidence cette nécessité du dialogue entre partenaires ?
La corporation des chasseurs tout entière est prise à froid et choquée par cette décision qui touche un point sensible. Tu n’ignores pas le risque de mésentente qu’une telle décision va entraîner au sein de la fédération.
Toutes les propositions de la Commission, soutenues souvent par la CNAV, faites par soucis d’éviter une telle extrémité, n’ont pas trouvé grâce aux yeux du service. Vous avez tout rejeté et maintenant agissez dans l’urgence en mettant en place une mesure disproportionnée et inutile. Inutile, car la plupart des dégâts datent de l’année passée, ils ont été effectués avant l’hiver. Nous l’avons constaté sur place tout récemment. Il est vrai qu’à la fonte des neiges, le terrain avait des allures de champs labourés. Il est probable que certains agriculteurs aient eu des soucis. Laissez simplement le printemps faire son travail et les pâturages ainsi aérés retrouveront une vigueur toute nouvelle.
L’hiver exceptionnellement rigoureux nécessite des mesures exceptionnelles et chacun doit prendre sa part de responsabilité quant aux conséquences de ces conditions exceptionnelles. Y compris les milieux agricoles qui sont depuis toujours confrontés aux conditions météo.
Aucune perte de rendement n’est à constater pendant cet hiver. Les sangliers coupables de ces dégâts ont déjà largement payé leur forfait puisque le seuil de deux cents sangliers tués pendant la chasse a été dépassé. Il n’est pas nécessaire de faire le travail à double : les sangliers responsables sont déjà morts. Il est aussi naturel que les agriculteurs ont à supporter une partie de ces conséquences exceptionnelles dont je parlais plus haut.
Nous avons le sentiment que certains agriculteurs font beaucoup de bruit en cette période de changement de Conseiller d’état pour maintenir la pérennité des indemnités ou, pire, tentent de se faire payer ces dégâts à double. Nous suggérons de tenir un discours nettement plus ferme à la minorité d’agriculteurs qui jettent le discrédit sur toute leur corporation par leur attitude arrogante et exigeante. Il serait bon de leur rappeler également que la faune sauvage a droit à des égards dans notre canton, particulièrement dans une réserve fédérale et dans ses abords.
En plus, nous estimons que ce n’est pas une bonne époque pour une intervention musclée:
- En cette période de mise-bas et d’élevage des jeunes, comment défendre l’éthique de la chasse dont parlait M. Cuche lors de notre dernière assemblée générale en favorisant des pratiques aussi impopulaires ?
- Comment assurer des tirs sur les bêtes rousses ou des marcassins alors que les herbages sont déjà élevés ?
- Le service de la faune recommande aux propriétaires de chiens de les tenir en laisse pour ne pas déranger la reproduction de la faune sauvage et, d’un autre côté, on va détruire cette jeune faune. N’y a-t-il a pas là une inconséquence ?
- Les restaurants de montagne vont ouvrir, attirant une population avide de grand air et de ballades, amenant quantité de gens sur ces zones. L’interaction entre les gardes chargés de ces éliminations et la population ne risque-t-elle pas d’être pénible ? Les pauvres seront pris entre le marteau et l’enclume, entre leur loyauté par rapport à la corporation et le respect de la hiérarchie.
La commission demande qu’un bilan soit établi à la fin de l’opération, rassemblant les différents partenaires, milieux agricoles, de la chasse et service de la faune afin de juger de l’opportunité et de l’efficacité de la mesure et surtout pour relancer la discussion afin de trouver les meilleures solutions possibles d’un commun accord.
En te souhaitant bonne réception de la présente, et en te priant de faire le nécessaire auprès de milieux concernés pour défendre la faune dont tu es l’Ambassadeur dans ce canton, je t’envoie, cher Arthur, mes salutations les meilleures.
Commission Sangliers, Jean-François Sunier, 2037 Montézillon
|