Nos amis français sont inquiets. Pour la première fois, ils auront à la tête de la chasse un ministre de l’Ecologie anti-chasse, le très médiatique Nicolas Hulot.

La réaction ne s’est pas fait attendre: le président de la puissante Fédération Nationale des Chasseurs, Willy Schraen, a lancé un appel solennel au Président de la République pour qu’il reconsidère son choix.

La France compte 1,2 million de chasseurs pratiquants et la chasse est le troisième loisir préféré des Français. La chasse génère 3,9 milliards de chiffre d’affaires et apporte 2,3 milliards au PIB (Produit intérieur brut). «Lorsque nos entreprises délocalisent, la chasse répond présente dans la lutte contre le chômage en garantissant 27800 emplois permanents» argumente la Fédération des chasseurs.

Elle a aussitôt réagi en dénonçant la décision – qu’elle qualifie de provocation – qui consiste à désigner le patron d’une Fondation (celle de Nicolas Hulot qui a quitté son poste de président) «accusée de multiplier les contentieux avec les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs et les maires ruraux et tous les autres gestionnaires de nos espaces naturels».

La désignation de Nicolas Hulot a aussi été commentée par la droite. François Baroin, chef de campagne des Républicains pour les législatives (11 et 18 juin), n’a pas caché sa satisfaction: «Hulot va nous ramener tous les chasseurs! Grâce à lui on peut compter sur plus 20 à 40 députés…» Il se dit désormais convaincu que la droite peut gagner avec l’appui des chasseurs. Selon une enquête IFOP publiée en 2013, la droite avait recueilli 54 % des votes auprès des chasseurs à l’élection présidentielle de 2012 et la gauche 42 %.

Jean-Luc Mélenchon, dont le score a surpris au premier tour de la présidentielle, a simplement déclaré suite à la désignation du nouveau ministre: «Je garde mon estime pour Nicolas Hulot. Mais je crois que dans six mois, il partira du gouvernement. Il ne mesure pas ce que sont les rapports de force politiques. Ce gouvernement n’a rien d’écologiste…»

En Suisse, la Chasse ne pèse pas aussi ouvertement dans les campagnes électorales, mais elle peut compter sur de nombreux soutiens dans les cantons et aux chambres fédérales. Par contre, elle peine à faire appliquer les décisions prises. Loups et lynx, exagérément protégés actuellement, serviront de test pour savoir qui de l’administration ou des élus décide de la protection des animaux de rente et de la faune et du rôle du chasseur dans la gestion de la faune, prédateurs compris.

Si la protection des prédateurs est dictée par Berne, la régale de la chasse reste cantonale. «Pas de loups pas de sous» dit-on déjà à l’adresse de ces nombreux spécialistes qui vivent des prédateurs. Faudra-t-il attendre que les chasseurs ne chassent plus en Suisse – faute de gibier – pour enfin prendre en compte les intérêts des agriculteurs, des éleveurs, des chasseurs et… des caisses cantonales?

Jean Bonnard, rédacteur de «Diana Chasse et Nature»

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.