L’électronique et l’informatique ont déjà fait une large incursion dans le monde de la chasse. Des colliers de localisation et de dressage des chiens en passant par les télémètres, inclinomètres et autres lunettes avec calculs de trajectoire embarqués, la panoplie semblait jusqu’à présent complète. C’était sans compter sur la créativité de l’homme.

Caméra embarquée

Suivant au plus près les technologies militaires, les appareils «grand public» ont rapidement emboîté le pas et adapté au commun des mortels les avancées techniques en matière de téléguidage, d’observation et de surveillance. C’est ainsi que sont nés les premiers drones pour amateurs avertis. Initialement destinés aux passionnés d’appareils volants télécommandés, les hélicoptères à une, deux puis quatre hélices ont fait leur apparition. ­Cependant, non contents de voler, ces appareils peuvent prendre des photos, mieux, ils peuvent enregistrer des vidéos.

Une véritable aubaine pour les chasseurs désireux de voir enfin ce qu’il se passe au milieu des champs de céréales de toutes natures rendus jusque-là complètement inextricables pour toute investigation ­humaine. Bien évidemment, à con­trario de leurs homologues militaires, ces aéroplanes ne sont pas munis de systèmes d’armes. Néanmoins, les caméras embarquées ont une résolution suffisante pour prendre en photo des dégâts situés au beau milieu d’immenses champs de céréales ou bien encore quelques sangliers ou quelques cerfs prenant leurs quartiers d’été dans un champ de colza.

Pour faciliter l’apprentissage et éviter la casse, le drone peut être équipé d’un système de protection des hélices.

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Au secours du gibier

Pour le suivi du grand gibier, les intérêts sont multiples. Jusqu’à présent, la présence d’animaux ­devenus complètement sédentaires au milieu des cultures ne pouvait généralement être mise en évidence qu’au moment des récoltes. Toute action de délocalisation ­visant à limiter les dégâts devenait de fait inenvisageable puisque la présence de ces animaux était complètement ignorée. Désormais, avec l’aide de ces mini-hélicoptères, des clichés voire des séquences vidéo peuvent être enregistrés à des distances pouvant ­aller jusqu’à quelques centaines de mètres. En fait la distance d’investigation du drone est limitée par l’autonomie électrique de l’appareil et par la capacité d’enregistrement des mémoires embarquées sur le drone. Cette technologie présente également l’avantage de ­venir en complément des opérations traditionnelles de comptages tels les indices kilométriques d’abondance. En effet, ces derniers sont tributaires d’instants relativement courts pendant lesquels les animaux peuvent être visibles à partir de véhicules automobiles. Avec ces petits drones, les animaux complètement sédentarisés au milieu des champs ou d’autres milieux difficiles d’accès peuvent être vus à tout instant dès lors que la météo le permet. Bien entendu, tout n’est pas si idyllique qu’on voudrait bien le croire. Deux paramètres de taille entrent en jeu. Tout d’abord le matériel. Il faut compter au moins trois cents euros pour le drone et, pour le smartphone qui sera associé à l’aéronef, une somme dépendant de l’abonnement souscrit par l’utilisateur auprès de son opérateur.

Attention au contact avec la végétation!

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Savoir le piloter

Une fois l’investissement réalisé, il devient indispensable de s’entraîner à diriger le drone. Les mouvements de ce dernier sont en effet complètement dépendants de ceux qui sont donnés à l’appareil tenu en main par l’utilisateur. Il est donc fortement conseillé de faire les premiers tests à l’intérieur d’une grande pièce ou même mieux, d’un gymnase. Les photos prises peuvent être stockées sur le drone via une clef USB. Le contenu peut ensuite être facilement visualisé sur n’importe quel ordinateur. La résolution des photos est bonne, voire très bonne suivant les conditions de lumière. De plus, l’appareil fonctionnant avec de petites hélices, le bruit émis par le drone est très peu perceptible, ce qui présente l’avantage de le rendre très discret.

Les petits drones électriques ont été développés essentiellement à des fins ludiques. Néanmoins, leur équipement photo et vidéo est tel que ces appareils peuvent être d’une utilité insoupçonnée pour la gestion et le suivi de la faune sauvage. Dans un avenir proche, l’évolution de la capacité des batteries embarquées donnera une autonomie accrue à ces drones qui en seront d’autant plus autonomes et pourront ainsi survoler des terrains de plus grandes superficies.

Texte et photos Daniel Girod

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