La relation entre l’homme et l’animal évolue désormais très vite, le vétérinaire cantonal neuchâtelois l’avait évoqué lors de nos assises annuelles dans son exposé «Relation homme-animal… que de changements».

En France, un tout nouveau «parti animaliste» a ­obtenu au plan national plus de 1% des suffrages lors de l’élection présidentielle. Son programme prévoit des droits de visite inopinée dans les élevages et abattoirs, la création dans chaque département d’unités de police affectées à la protection des animaux, des autorités de justice spéciales pour les infractions commises contre les animaux et des peines de prison sévères pour leurs auteurs etc.

Dans le passé c’était plus simple: l’homme était considéré comme un être à part, à mi-chemin entre le paradis des dieux et le monde de la vie animale. Doué de raison il était supérieur aux bêtes et avait de ce fait un droit naturel sur les animaux, sans pour autant avoir le droit de les maltraiter. Mais Darwin est passé par là et a démontré la continuité entre le plancton et l’homme, et la relation homme-animal a changé…

L’homme est conscient de son devoir et de son intérêt à protéger la nature et les animaux. Mais le chasseur lui se trouve régulièrement confronté à des thèses qui s’évertuent à décrire un monde de bisounours qui feint d’ignorer la violence et les rapports de force. Le chasseur responsable est conscient qu’il faut instaurer et respecter des règles pour que sa «supériorité» ne le conduise pas aux pires excès sur les autres espèces ­vivantes.

L’expérience démontre que la chasse est aussi la ­garantie de la survie des animaux. L’interdiction de la chasse s’est avérée catastrophique dans certains pays africains: la chasse, par les revenus qu’elle apporte, fait vivre les collectivités locales et procure des emplois, elle donne une valeur matérielle à la faune que l’homme a ainsi intérêt à protéger.

Là où la chasse a été interdite, le constat est amer: «Sans chasse, les éléphants et les buffles détruisent nos champs durant la journée. Puis, la nuit, les lions viennent attaquer nos troupeaux» rapportaient des ­indigènes dans le New York Times en 2015 suite à ­l’interdiction de la chasse. Et les braconniers ont vite fait de prendre la place des chasseurs…

Un expert (de l’Université de Floride) en gestion de la vie sauvage en Afrique concluait que la chasse conciliait deux attentes: protéger les animaux et produire des revenus. C’est forte de ce constat que la Zambie, après deux ans d’interdiction, vient de revenir sur sa législation anti-chasse.

La chasse est naturelle, aux chasseurs de faire partager leurs convictions.

Jean Bonnard, rédacteur de «Diana Chasse et Nature»

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