|
Moratoire sur la chasse au lièvre: à quand le plan d’action annoncé?
Le Gouvernement jurassien a annoncé récemment par un communiqué sa décision d’imposer un moratoire sur la chasse au lièvre. La Fédération cantonale jurassienne des chasseurs (FCJC) tient à préciser sa position en regard de cette mesure. La FCJC a indiqué dans une lettre adressée aux parlementaires jurassiens les raisons de son opposition au moratoire (le texte remis peut être consulté sous
www.chassenature.ch, rubrique canton du Jura). Ce moratoire interpelle la FCJC car nous remettons en cause la pertinence des effets escomptés.
Pourquoi un plan d’action?
Pourquoi aujourd’hui l’annonce du déploiement d’un plan d’action en faveur du lièvre alors que cette espèce est devenue problématique depuis plus de trente ans dans nos campagnes jurassiennes et que la FCJC en 1995 et en 2003 avait déjà proposé 27 mesures en faveur des populations de lièvres, mesures qui n’ont jamais vu le jour?
Avant de prendre sa décision, M. le ministre Laurent Schaffter connaissait la décision des membres de la Commission cantonale de la faune qu’il préside. Celle-ci, à une majorité évidente, refusait le moratoire sur la chasse du lièvre. Durant les discussions, les experts du canton apportaient un soin particulier à expliquer les vraies causes de la diminution des effectifs de lièvres et indiquaient le peu d’effet de la mesure préconisée. Pourquoi, dès lors, prendre une telle décision?
Le communiqué du Gouvernement relate un futur plan d’action. Il ne revient pas sur les arguments de la FCJC mais préfère expliquer des actions imaginées à la hâte. De plus aucune indication n’est donnée sur les coûts financiers d’un tel projet. Aujourd’hui, les chasseurs et autres protecteurs de la nature le savent, le plan d’action se fera attendre. Demain, on aura oublié les constats faits sur les causes véritables de la mort des lièvres dans le Jura. Ce thème de la chasse du lièvre, abondamment politisé, aura attisé la curiosité et il aura fait jaillir du bois quelques hommes politiques avec un plan d’action sorti de leur poche «à promesses».
Les chasseurs passent à la caisse
Un deuxième point a retenu l’attention de la FCJC. Il concerne l’augmentation en 2010 de 5% du prix lié au droit de chasser. La FCJC reconnaît qu’en la matière, elle a fait preuve de naïveté. Nous n’imaginions pas que notre ministre de tutelle allait prendre une telle décision en regard des propos rassurants tenus à l’occasion de notre assemblée générale. «Ce n’est pas aux seuls chasseurs de prendre sur leur dos la facture des dégâts occasionnés par la faune sauvage.»
Entre 2008 et 2009, nous avons constaté une diminution de près de 10% du nombre de patentes délivrées. La mesure décidée qui consiste à augmenter le prix du droit de chasser par le biais de l’émolument destiné à alimenter le fonds des dommages causés par la faune sauvage, péjore les plus faibles revenus parmi nos membres. Le geste mérite d’être souligné. Il concerne encore une fois, en priorité, les chasseurs.
Des décisions regrettables
Les décisions prises sont regrettables. Elles sapent la confiance établie et engagent la FCJC à revoir sa manière de faire en matière de collaboration. Comment pourrons-nous favoriser dans nos rangs un intérêt pour le contrat de prestation signé avec les services de l’Etat? Comment parvenir à motiver nos membres pour qu’ils s’investissent au travers des journées de travail en faveur des milieux naturels? Comment trouver les bonnes volontés pour effectuer le «monitoring» du lièvre, le rebouchage des trous de sangliers, le ramassage du gibier tombé? Nous souhaitons rendre attentif le Gouvernement, qu’en regard des décisions prises, nous devrons travailler d’arrache-pied pour expliquer, convaincre et modérer les réactions de colère. Nous aimerions que l’on mesure à une juste valeur la contribution financière des chasseurs. Chaque année, ils ramènent plus de 500 000 francs dans les caisses de l’Etat.
Deux demandes
Aujourd’hui, les membres du comité FCJC demandent que les démarches préconisées par notre ministre soient mises en œuvre rapidement. Nous demandons que les autres associations de protection de la nature mesurent que nos objectifs sont les mêmes. Nous luttons pour la même cause, la même problématique et les mêmes intérêts.
Pour conclure, nous donnons rendez-vous à la presse au mois d’octobre 2010 et chaque année au mois d’avril afin de préciser notre perception de l’avancement des travaux du plan d’action voulu par notre ministre.
ÉTIENNE DOBLER, président de la Fédération cantonale jurassienne des chasseurs
JEAN-LUC BERBERAT, secrétaire
|