Hommage à Jean Bader
1941 - 2009

Après une courte hospitalisation, vaincu par une maladie souvent difficile à guérir, Jean Bader est décédé le 15 septembre 2009.
Né le 10 avril 1941 dans le canton de Fribourg, il a été élevé dans une grande famille aux côtés de ses grands-parents et de ses oncles; il a effectué sa scolarité dans ce canton avant de venir s'établir à Derrière-Monterri, une ferme-auberge au-dessus de Courtemautruy, dans le canton du Jura. Puis il acquiert son CFC de boucher à Bévilard, avant d'aller parfaire la lange allemande pendant deux ans à Grossaffoltern.
En 1963, Jean fait la connaissance de Marie-Louise Roy, sa future épouse. C'est à la fin octobre 1967 que Jean et Marie Louise Bader reprennent l'Hôtel du Soleil à Saint-Brais. Très rapidement, la réputation de l'établissement se répand loin à la ronde, grâce à des spécialités originales, en particulier celles de chasse. C'est donc tout naturellement que Jean s'inscrit aux cours pour candidats chasseurs, passe les examens et prend son premier permis au début des années septante.
Comme beaucoup de chasseurs, Jean connut plusieurs groupes. Ceux-ci se font et se défont, souvent pour des raisons relevant de l’âge, du travail, de la maladie, voire de l'affinité cynégétique ou cynologique, ou encore de l'humeur! Sans être exhaustif, je citerai Urbain du Bois-Derrière (dit Bimbin), Marcel de Saignelégier, Camille de Sceut, Jean-Michel du Noirmont, ou encore Manolo des Enfers et Pascal des Pommerats. Des chasseurs qui apprécièrent l'humour et les propos pince-sans-rire de leur collègue Jeannot.
Adepte de la chasse au chien courant, Jean adopte tout d'abord des Schwytzois, puis, influencé par son ami Bimbin, opte pour une Lucernoise provenant de l'élevage de ce dernier, Caprice de la Chancelière née en 1982. Quatre ans plus tard, lors d'un contrôle de la filialité d'un Schytzois, je fais la connaissance de Jean Bader. J'apprécie immédiatement sa sensibilité, son sens de l’accueil, ses histoires aussi invraisemblables que bien contées, sa connaissance du monde animal, plus particulièrement des chiens et des chevaux. Qui n’a pas passé un bon moment à la table des habitués ou dans son petit salon? C'est aussi pour moi l'opportunité de le persuader des Lucernois avec pedigree et d'adhérer au Club suisse du chien courant. C'est chose faite en 1987 et sa chienne Caprice met bas une première portée sous l'affixe "de la Péquie". Par la suite, l'élevage "de la Péquie" comptera une douzaine de portées, contribuant amplement à la promotion du chien courant suisse, aussi bien dans notre pays qu'à l'étranger.
Les chasseurs de la Société de chasse des Franches-Montagnes perdent aujourd’hui en Jean Bader un membre fidèle. Cette amitié cynégétique admirable, il s’appliqua à la partager avec tous les chasseurs lors des assemblées ou des traques, ou encore en toute simplicité pendant la chasse.
Les membres du Groupe Nord-Ouest du Club suisse du chien courant rendent hommage à un éleveur compétent, aux avis aussi pertinents qu'empreints d’à-propos.
En ce temps d'automne et de chasse, que ceux qui l’ont connu et qui lui étaient attachés s’appliquent à faire revivre son souvenir dans leurs actions cynégétiques et cynologiques. Un souvenir qui vous invitera à regarder en avant, à oublier pour un instant vos ambitions ou vos bévues, et vous permettra de vous ressourcer dans la nature.
A la famille de Jean, je propose de demeurer sereins, comme Jean lorsqu'il se plaisait à exposer devant ses amis une appréciation sur ce qu’avait été sa vie. Cette attitude de Jean à l’endroit de la vie et de son corollaire mérite bien notre sympathie et notre gratitude.
Salut, Jean.
Jean-Pierre Boegli
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