Jura     2009

Rapport 2009 du président

Alors que nous pensions vivre une année calme, il aura fallu déchanter. En effet, la présence renforcée du sanglier et les problèmes qu’il aura engendrés auront nécessité nombre de séances de travail. Si je tiens compte des autres obligations inhérentes à un président de fédération, ce ne sont pas moins de 41 séances de travail auxquelles votre serviteur aura assisté depuis notre dernière assemblée. De quoi occuper quelques soirées.
Toutefois, ce travail n’est pas vain puisque l’on peut dire, sans prétention aucune, que la chasse jurassienne se porte bien. En effet, les espèces dites « grand gibier » sont abondantes et l'on notera même un léger mieux pour notre bossu. De même, les relations avec les responsables de l’Office de l’environnement sont au beau fixe et la grande majorité des chasseurs est satisfaite de la manière dont nous conduisons les affaires. Nous nous en réjouissons.
Sur le plan administratif, les dégâts occasionnés par le sanglier auront nécessité de nombreuses séances de travail. Ces séances auront été bénéfiques et elles permirent de désamorcer bien des situations critiques. Les rencontres entre les différents acteurs (administration – agriculteurs – forestiers – chasseurs) se sont déroulées dans un état d’esprit positif et constructif. Tous les milieux concernés ont apporté leur contribution afin que les choses se passent au mieux. Les différents intervenants ont également souligné l’important investissement des chasseurs. Ainsi, ce sont des centaines d’heures qui ont été consacrées à la remise en état de prairies, à la mise en place de clôture, au nourrissage dissuasif et à l’organisation de battues. Sans ce travail ardu, la facture « dégâts » aurait eu une dimension plus importante. Je tiens ici à remercier tous les chasseurs qui se sont investis sans compter dans ces différents travaux.
Du côté des finances, nous avons enfin notre mandat de prestations, synonyme de gestion comptable efficace et efficiente. Notre trésorier vous en expliquera le mode de fonctionnement.
Le projet « stand de tir », au Varieux, poursuit son bonhomme de chemin. Par prudence, je ne me risquerai à aucune planification. Mais il me semble toutefois que le wagon soit sur de bons rails. Je vous rappelle que la mise en service de ces installations sportives sera pour nous chasseurs, synonyme de tirs périodiques. Que chacun se prépare au mieux à cette nouvelle obligation légale. Pour ce faire, rien de mieux que de participer aux tirs organisés par les sociétés de chasse.
Afin de faire une bonne promotion de la chasse et ainsi renouveler nos effectifs, qui en ont grand besoin, un groupe de travail a été constitué. Animé par Jean-Luc Berberat, il a reçu mandat de tout mettre en œuvre pour une bonne promotion de la pratique de la chasse. D’ores et déjà différentes actions se concrétisent, avec notamment notre participation au passeport vacances, l’organisation d’un concours portant sur les connaissances cynégétiques du grand-public, un projet de conférence pour cet automne, etc.
Le projet « perdrix grise » est au point mort, pour ne pas dire plus simplement mort. Je l’avais pressenti, le rapport du Kora ne pouvait que sonner le glas de cette magnifique aventure. Je le regrette vivement, ce d’autant que tous les investissements, tant humains que financiers, réalisés par la fédération et l’Office de l’environnement, n’auront servi à rien. Il est tout de même surprenant, voir déconcertant qu’un groupuscule, totalement extérieur au canton, puisse avoir la main mise sur des projets de cette importance, allant jusqu’à les saborder. Au stade actuel, se pose également la question de la légitimité du rapport KORA lorsque que l’on sait que le but premier de cet organisme est la gestion des grands prédateurs. Grands prédateurs et perdrix grise ? Je ne perds pas espoir qu’un jour on m’explique la relation !
Pour ce qui a trait aux espèces « gibier », je laisserai le soin à Christophe Noël de vous commenter les statistiques de la dernière saison. Je vous apporterai donc uniquement un commentaire personnel.
Pour la première fois, un quota de lièvres à prélever a été fixé par l’Office de l’environnement. La réglementation liée au plan de chasse n’aura toutefois pas permis de prélever le nombre de lièvres souhaité. Ce problème a été abordé lors d’une séance de travail avec l’Office et une solution semble se dessiner. Les différentes observations faites par les chasseurs laissent entrevoir un léger mieux quant à la présence de l’espèce. Espérons que cette embellie ne soit pas que sporadique, voire illusoire.
Le chamois semble, lui aussi renforcer ses populations. Nous le voyons à nouveau nombreux dans des endroits où il se faisait bien rare ces dernières années. Ainsi, le plan de chasse actuellement en vigueur semble bien coller à la réalité du terrain.
Depuis maintenant 9 ans, nous prélevons trois chevreuils par chasseur avec un taux de réalisation qui tutoie, voir atteint certaines années, les 100%. Preuve que la gestion de cette espèce est cohérente. Ce d’autant que tous les paramètres en notre possession sont au vert. Des chasseurs ont constaté une diminution de l’espèce en certains endroits. A juste titre, ils s’en sont inquiétés. Nous tenons toutefois à les rassurer. En effet, par commodité, le chasseur préfère chasser les endroits où le gibier est abondant. De surcroît, certaines forêts jurassiennes sont facilement accessibles et il est vrai que ces dernières subissent une forte pression de chasse. Toutefois cette pression ne semble pas nuire à l’espèce, à l’instar du secteur 85 entre Fahy et Bure où, depuis plusieurs années, les prélèvements effectués sont supérieurs à 10 animaux au 100 ha boisés. Ce qui est dans les meilleures réalisations au niveau national. A l’inverse, d’autres forêts, situées dans des régions au relief accidenté, jouent presque le rôle de refuge. Il en est ainsi depuis la nuit des temps, l’homme, tout comme l’animal, a toujours cherché la facilité. Ces diminutions localisées sont aussi inhérentes à notre système de chasse à patente qui permet à chacun de chasser où bon lui semble. Nous avons toutefois remarqué qu’avec les années tout s’équilibre.
Cette année, vous êtes quelques-uns à avoir aperçu le roi des forêts. Je m’en réjouis. Quel plaisir pour le Nemrod jurassien, et pas seulement le chasseur, de voir le cerf recoloniser à nouveaux nos magnifiques forêts. Nous osons ainsi espérer que le retour du roi des forêts, animal emblématique d’une nature riche et variée, soit bien accepté. A ce titre, nous nous réjouissons que nos autorités cantonales anticipent ce retour et prennent toutes les dispositions nécessaires à une bonne acceptation du grand cervidé dans nos massifs forestiers. Et comme le dit un des responsables de la division forêts à l’Office fédéral de l’environnement :« Bienvenue et longue vie au cerf dans la chaîne du Jura ».
Année record pour le sanglier avec notamment un tableau de chasse frôlant les 500 individus. Dommage que cette année « record » ait coïncidé avec une absence totale de fructification forestière. Si glands, faînes et autres fruits sauvages avaient été au rendez-vous, il est certain que la facture « dégâts » aurait été fortement diminuée. Mais notre rôle est aussi de faire face à ce genre de situation extrême et je crois que l’on peut dire que l’on ne s’en est pas trop mal sorti. Merci aux chefs de chasse qui ont su répondre à nos attentes ainsi qu’à la confiance que nous avions placée en eux. Il était en effet important de prélever de nombreux sangliers sans toutefois tomber dans l’anarchie.
Un gros point noir dans ce qui pourrait être une « oasis cynégétique ». Alors même que le comité cantonal s’efforce, depuis de nombreuses années, à vouloir créer une entité « chasseur jurassien », nombreux sont encore ceux qui font preuve d’un esprit de clocher rétrograde. Ce chauvinisme excessif nuit gravement à l’image du chasseur. Je dois bien reconnaître que nous sommes là en situation d’échec. Quelles sont les raisons d’une telle intolérance ? Alors même que l’abondance de gibier devrait faciliter les échanges et les bonnes relations, nous avons assisté cette année encore à de tristes spectacles, indignes de personnes adultes et responsables. Nous sommes volontiers à l’écoute de toutes propositions qui pourraient endiguer ces comportements nocifs.
Pour être complet, je voudrais ici remercier tous les acteurs de la chasse jurassienne qui, au travers de leurs actions, contribuent à la bonne marche de nos institutions. Sans vouloir minimiser le travail des uns ou des autres, les chefs de chasse, qui ont été fortement sollicités cette année, méritent respect et reconnaissance. Un merci tout particulier également à M. le ministre Laurent Schaffter pour le mandat de prestations. MM. Gerber et Noël, ainsi que leurs proches collaborateurs, avec lesquels nous entretenons de bonnes et cordiales relations, méritent d’être cités. J’adresse également de vifs et sincères remerciements à mes amis du comité cantonal qui, malgré de très nombreuses sollicitations, répondent présents en toutes circonstances. Ce travail d’équipe permet à chacune et chacun des 400 chasseresses et chasseurs jurassiens de pratiquer leur hobby dans de bonnes conditions.

Etienne Dobler, président FCJC