Hommage à mon père André Joliat
Au soir du 14 avril 2008, André Joliat s’en est allé sereinement rejoindre les chasses éternelles après un court séjour à l’hôpital.
André a vu le jour le 29 février 1920 à Courtételle dans une famille d’ouvriers paysans. A l’age de 16 ans, à la mort de son père, il s’engagea à l’usine pour subvenir aux besoins de sa famille. Ces années-là ont été difficiles pour lui et ont forgé son caractère.
Marié en 1946 à Denise, rencontrée sur les hauts de Glovelier à la ferme de Glacenal, il fonda une famille de 4 enfants.
Bien que n’étant pas issu d’une famille de chasseurs, André eut le virus de la chasse depuis son plus jeune âge. Au début, il s’initia à la chasse un peu à la manière de « Raboliot » ; il faut dire qu’a l’époque, c’était juste pour améliorer le quotidien.
En 1945, André prit son premier permis qui lui donna droit à 20 lièvres ! Par contre le chevreuil et le sanglier étaient quasiment absents dans le Jura.
André avait une grande connaissance de la chasse au lièvre, qu’il exerçait dans son jeune âge avec un Setter anglais et un Braque allemand dans les plaines de Delémont et sur Chaux.
Puis il fallut s’adapter, le lièvre devenant plus rare et le chevreuil bien présent. C’est tout naturellement qu’il fit l’acquisition de chiens courants de races suisses.
Fidèle au chien courant, il n’y avait rien de plus beau pour lui que les menées sonores qui faisaient vibrer la forêt.
André aimait la chasse authentique, la chasse où le gibier a toutes ses chances de sortir vainqueur. Ainsi, même au soir d’une journée « bredouille » où rien ne s’était passé comme prévu, il déclarait en vrai philosophe : « On à chassé ! ». Cette petite phrase résumait bien le respect qu’il avait pour le gibier.
Autour du feu, il aimait raconter d’anciennes histoires et anecdotes dont certaines auraient eu leur place sous la rubrique « Je dirai tout… il y a prescription ! »
Plus de 53 permis, c’est dire la passion qu’a été celle d’André. Il connaissait en détail toutes les forêts de la chaîne du Mont, les bosquets, les haies, les « bons champs » comme il disait où le bossu avait l’habitude de se gîter.
André était aussi passionné par la chasse à la plume, et chaque année le mois de septembre était consacré aux pigeons ramiers dont il connaissait bien les habitudes.
Je me souviens de son premier sanglier, un grand mâle bien armé qu’il avait prélevé à la Combe au Vivier ; une action de chasse qui ravivera les souvenirs de Jean-Jean à Pleigne.
Ecologiste dans le bon sens du terme, André était un homme de terrain. Il aimait se trouver au milieu de la nature. Il avait compris que pour sauver une espèce en difficulté, il fallait que son milieu soit protégé. C’est ainsi qu’il s’est investi sur le terrain bien avant que les journées de travail ne soient obligatoires.
Il connaissait les plantes médicinales dont il confectionnait des mélanges pour préparer des tisanes. Habile de ses mains, il tressait chaque hiver, au milieu de la cuisine, des dizaines de paniers et corbeilles en viorne qu’il distribuait à ses amis.
L’âge avançant, tout devint plus difficile pour lui ; mais sa passion pour la chasse était plus grande que le mal. Jusqu’à la saison dernière, il tenait encore à venir partager le repas de midi avec son groupe de chasse.
André avait la chasse dans le sang et les ultimes paroles qu’il m’a confiées, quelques heures avant de partir, ont été pour moi : « Mais avec qui vas-tu chasser maintenant ? » Rassure-toi, papa, le groupe continue avec Michel et Marc-André.
Cet automne je passerai dans tes endroits préférés et je me remémorerai les bons moments passés ensemble.
Ton fils Hubert
Hommage à André, notre compagnon de chasse Tant de fois, tes anecdotes de chasse, toutes plus croustillantes les unes que les autres, ont su nous réjouir. Nous garderons en souvenir l’image d’un homme averti, passionné et malicieux. Grâce à toi, les forêts de la chaîne du Mont n’ont plus de secret pour nous. C’est à ça que nous penserons cet automne, quand nous occuperons tes postes préférés.
Tes amis du groupe : Marc-André et Michel
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