A la poursuite des sangliers genevois
Dans le journal Terre & Nature du 8 octobre 2009, dans un reportage exclusif, le journaliste Alexander Zelenka nous relate sa « nuit de chasse » aux sangliers genevois en compagnie de gardes de l’environnement.
Cet article présente de façon idyllique la gestion genevoise ; il y est expliqué que les sangliers qui sont abattus en utilisant une lunette de vision nocturne ne sont jamais tirés en mouvement, afin de ne pas les blesser. Je dirais moi que même arrêtés, à moins d’être couché au stand – et encore – tous les coups ne sont pas mortels. Il doit bien leur arriver de blesser, hélas, comme tous les chasseurs.
L’article est illustré de 3 photos.
1re image : on voit un garde agenouillé, carabine à la main, près d’un beau sanglier mort. Il ne manque plus que la branche de sapin et les sonneries de St-Hubert.
2e image : on montre un sanglier en train d’être éviscéré à l’abattoir. Si cette bête a été tirée par une nuit d’été comme expliqué dans l’article, il faudrait peut-être 2 à 3 heures pour la transporter jusqu'au local précité. Merci pour l’hygiène !
3e image : on voit un garde de l’environnement en position de tir, accroupi, le coude posé sur le genou, la carabine parfaitement parallèle au terrain. Si par hasard la balle manquait sa cible, jusqu’où irait-elle ?
Dans cet article, le Service de la faune donne aussi quelques chiffres. Je retiens que la chasse nocturne se déroule de juillet à mars. Lors de cette dernière campagne, il a été tiré la bagatelle de 500 sangliers. Cela place Genève en tête des cantons suisses pour la densité de gros gibiers tirés par rapport à la surface et la plus longue période de prélèvement (9 mois). En faisant un rapide calcul, en comptant 180 nuits de chasse, il faut tuer 3 bêtes par sortie pour arriver à ce quota. Comme ces chasseurs sont professionnels, donc rétribués (salaires, indemnités pour « travail de nuit » , équipement, etc.) la gestion genevoise coûte beaucoup plus que CHF 250'000.- versés aux agriculteurs.
En conclusion, à Genève, la chasse n’est pas interdite; seuls les chasseurs le sont… et à quel prix ?
Je profite de ces quelques lignes pour vous souhaiter une fructueuse année 2010 en Saint-Hubert. Au plaisir de vous rencontrer à notre prochaine assemblée générale et, je l’espère fortement, à notre traditionnelle journée ball-trap.
Eric Schweizer
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