Genève, terre d’accueil pour une cigogne attardée !

Les oiseaux migrateurs sont parfois perturbés lors de leurs déplacements vers des sites d’hivernage plus accueillants pour passer la période froide. La quête de nourriture est une des principales raisons qui les poussent à parcourir de très longs trajets sur des pistes tracées dans le ciel, pistes invisibles, qui ne sont connues que par les oiseaux et les insectes qui les empruntent. Dès l’automne venu, on peut observer cette migration en se plaçant justement sous ces axes migratoires et, avec de la connaissance, il est possible de déterminer quelles espèces sont en route. Les grands oiseaux comme les cygnes, les cigognes, les grues ou les oies sont facilement identifiés, alors que les canards ou les passereaux sont plus difficiles à reconnaître ; et cela d’autant plus lorsqu’ils sont à haute altitude. Pour différentes raisons, des sujets isolés n’ont pas pu suivre la troupe et se trouvent en difficulté pour rejoindre leurs congénères. C’est le cas pour une cigogne bloquée à Genève à cause d’une météo défavorable à son déplacement. Une de ses collègues avait été aperçue quelques jours auparavant près de Nyon, mais la malheureuse a été retrouvée morte dans la région de Divonne. La « genevoise » est là depuis mi-décembre et elle se débrouille pour survivre malgré la neige et le froid. Elle a été bien affaiblie dans les premiers temps de son séjour, mais le Centre ornithologique de réadaptation de Genthod a prit soin d’elle, en même temps que quelques bénévoles qui lui mettent de la nourriture à disposition tous les jours. Jusque-là, nous n’y voyons rien d’anormal, mais une réflexion s’impose dès l’instant ou un appel aux sponsors est lancé, car le coût mensuel de cette nourriture s’élèverait à 500 francs ! Le menu journalier n’a pas été porté à notre connaissance, mais son prix nous semble relativement élevé ! Cette cigogne est connue des milieux ornithologiques internationaux, elle est baguée, elle est née en Allemagne en 2002 et a été suivie dans plusieurs pays d’Europe. Aurait-elle connu plusieurs palaces et trop souvent goûté aux tables renommées ?
Photo de Mme Tania Gorrido, Genthod
Alain Rossier
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