Genève     2009

Hommage à Raymond Weber

Mes années d’adolescence, je les ai passées à courir derrière les chasseurs de mon village. Dans l’équipe, il y avait Raymond. La chasse se passait principalement aux lièvres dans les Bois de Jussy.
Puis vint le séisme de 1974. Je me suis retrouvé sans possibilité de chasser, après seulement deux ans de pratique genevoise. Raymond m’a trouvé une carte de chasse en Haute-Savoie. C’est là qu’il m’a appris à tirer sur les faisans et non pas à côté. Puis notre équipe a passé l’examen de chasse dans le canton du Valais ; nous nous sommes retrouvés à Liddes, avec comme cuisinier Raymond. Ses spécialités majeures, le « malakoff paysan » et une recette exclusive « les spaghetti bolognaises » composés de : spaghetti, façon évier, d’une à deux boîtes de « corned beef » agrémentées de 5 ou 6 oignons. Menu test pour un tube digestif avec des lendemains qui chantent. Pour le petit-déjeuner, il y avait aussi la tartine avec la confiture des deux côtés.
Raymond, c’était des plaisanteries toujours gentilles et de magnifiques histoires de chasse, disons légèrement romancées. Mais à côté, il y avait aussi un homme que peu de gens connaissent. J’ai eu un gros coup dur dans ma famille. Il est de ceux qui en toute discrétion m’a rendu visite avec un geste, un mot simple mais combien réconfortant dans ce moment-là.
Alors, Raymond, merci pour ces bons moments. Mets ton fusil à la bretelle, allume ton brûlot et va, tranquille, chasser dans les grandes plaines. Tu t’es bien battu.
A sa famille va toute la sympathie des chasseurs genevois.

Eric Schweizer