Genève 2008

Rapport du président
(exercice 2007)

J’ai le plaisir de vous présenter mon 28e et dernier rapport présidentiel de la société de chasse Saint Hubert de Genève, qui a fêté son 70e anniversaire l’an dernier. Bien que d’âge mûr, cette société est encore représentative d’un milieu oublié des citadins genevois, mais nécessaire à l’équilibre de la faune. On a beau ne pas aimer la chasse, en particulier le tir d’un animal sauvage, cet acte est naturel, nécessaire et crédible chaque fois qu’il s’inscrit dans la gestion et la préservation des populations de gibier. Il l’est encore lorsqu’il s’adresse à des espèces qui ne commettent pas de dommages à la forêt et aux cultures, pour autant que ses prélèvements soient compatibles à leur pérennité. C’est donc normal que des chasseurs existent, qu’ils exercent leur passion et qu’ils soient reconnus d’utilité publique ! Qu’on le veuille ou non, le statut de Genève ne saurait être un bon exemple, puisque les chasseurs (payants) ont été remplacés par des « chasseurs » payés pour effectuer la régulation des espèces pléthoriques, en particulier celle du sanglier et tout récemment du lièvre. Très investis dans ces actions, les surveillants de la faune ne sauraient prendre le temps de permettre à d’autres espèces sensibles de bénéficier d’une protection nécessaire à leur survie. C’est comme cela que les perdrix ont disparu pour la deuxième fois !
L’assemblée générale du 8 mars 2007, qui a eu lieu à l’Auberge de Plan-les-Ouates, a réuni le nombre habituel de membres. Votre serviteur a été quelque peu malmené par un membre démissionnaire, mécontent de certains articles et prises de positions par rapport à la situation de notre canton et à des actions du SFPNP. Soyez-en certains, cette incartade n’y est pour rien quant à ma décision de me retirer de la présidence. En fait, cette décision n’a été effective qu’à partir du moment où un membre s’est proposé pour reprendre ma charge. Reste à l’assemblée générale d’entériner cela.
Pour marquer le 70e anniversaire de la St Hubert, il a été décidé de faire du tir aux pigeons d’argile le moment festif de l’événement. Indépendamment du tir lui-même et de la mise en compétition des challenges, nous avons convié les présidents des fédérations cantonales et quelques personnalités à participer à la fête. Les trompes de chasse de St Hubert nous ont fait le plaisir de sonner en notre honneur et de faire résonner quelques fanfares à l’orée de la forêt de Jussy, qui n’entend même plus les récris des chiens dès l’automne annoncé ! Sur une grande broche, un sanglier, venu de loin, a tourné et pris de belles couleurs pour se retrouver dans les assiettes des convives présents pour l’occasion.
La faune genevoise a connu divers moments particuliers en 2007. Les sangliers ont encore fait la cible des tireurs de nuit, des lièvres ont fait l’objet de captures, mais ils ont aussi été sous l’effet d’un arrêté de tir ! Faute d’une régulation des prédateurs, avouée par le SFPNP, les perdrix ne se sont pas multipliées comme on le souhaitait. Les quelque trois cents oiseaux lâchés en trois ans n’ont pas su se défendre seuls et risquent ainsi d’être abandonnés par ceux qui ont mené le projet de leur réimplantation.
Tous les chasseurs suisses ont été conviés à fêter le 125e anniversaire de Diana Suisse au mois de juin à Château-d’Oex. Cette manifestation a remporté un grand succès et a permis de mettre en avant presque tous les aspects de la chasse en Suisse. L’édition d’un livre par ChasseSuisse, « Sur la trace des chasseurs », a vu le jour récemment et peut être commandé.
Diana Suisse continue à regrouper tous les chasseurs de langue française et à défendre, dans la mesure de ses moyens, toutes les chasses en cours dans notre pays. Les bécassiers peuvent adhérer à l’ASB et montrer ainsi leur passion pour l’oiseau.
Je souhaite que tous les chasseurs sauront toujours faire front aux problèmes qui pourraient mettre en danger la cynégétique et ses qualités. En ce sens, je reste votre dévoué.

Alain Rossier