Prévoir, protéger, gérer !
Pour conserver un patrimoine naturel et toutes les richesses faunistiques et florales qui s’y trouvent,
il est nécessaire de mettre en place une stratégie de gestion, afin de trouver les meilleures actions susceptibles de ne rien perdre de ces
richesses. A cause de sa soif de technicité et de modernité, l’homme empiète toujours plus sur son environnement naturel et l’agresse
lourdement. Les pertes d’espèces animales et florales sont presque journalières sur notre terre et cela peut fortement inquiéter ceux
qui se soucient de cette problématique. Dans le canton de Genève et pour toutes les personnes concernées, ce souci a amené des équipes
de naturalistes à porter une attention soutenue sur les secteurs intéressants qui ne sont pas encore trop atteints dans leur intégrité. Certes, nous
ne reviendrons pas sur la suppression de la chasse, effective depuis 33 ans, car ce sujet blesse et enrage les chasseurs que nous sommes. Perdre
une activité propre à l’homme, aussi bien qu’aux prédateurs, grands et petits, est une atteinte au patrimoine culturel. C’est aussi une porte ouverte
aux dérives et l’abattage nocturne des sangliers témoigne d’un état d’esprit plus porté sur un résultat lié à des économies (versements d’indemnités
aux cultivateurs lésés), que sur une éthique de gestion. Cette parenthèse fermée, revenons sur des travaux de revitalisation de biotopes.
Le Vallon de l’Allondon
Ce site est très connu des Genevois qui aiment à se balader le long d’un cours d’eau sinueux qui présente une zone alluviale
très intéressante. Le projet porte sur 2 hectares de zone alluviale à « nettoyer », dont le 90 % est densément colonisé par des arbres
de 15 à 20 ans. Dans cette région, il est devenu impératif d’enrayer l’évolution galopante d’espèces végétales néophytes qui mettent en
danger les espèces indigènes. Le Buddeleia, « arbre à papillons », forme des peuplements monospécifiques qui limitent la présence des autres
espèces. Il attire les papillons pour son nectar, mais n’offre aucune nourriture pour leurs chenilles. Il tend encore à limiter la diversité spécifique
en colonisant rapidement les milieux remaniés ou pionniers et il diminue la dynamique naturelle des zones alluviales en encrant les glariers.
Attenant à ces zones, des pâturages boisés et des prairies naturelles sont mis à mal. A des fins agricoles, il est nécessaire de remettre en état ces pâturages
et de les remettre à disposition des exploitants. A des fins biologiques, il s’agit de garantir une bonne diversité des milieux. Par des
actions bien ciblées, de 12,6 hectares de surfaces ouvertes avant, on a passé à 15,7 hectares actuellement (accroissement de 23 %). Il est
prévu aussi d’entretenir ces pâtures grâce à un abroutissement régulier par des animaux comme le mouton « Roux du Valais ». En plus, le
débardage a été aussi fait au moyen d’un cheval de trait pour éviter les atteintes au sol par des engins lourds. Le retour de certaines orchidées
et autres espèces assez rares attestent de la réussite de ces opérations. Il est certain que le suivi de tout cela sera nécessaire pour garantir un
effet durable.
Et nos perdrix genevoises ?
Il est prévu que des comptages aux chiens d’arrêt soient organisés pour faire un bilan de la population
actuelle. Les oiseaux équipés d’émetteurs doivent se faire rares, le suivi par ce biais donc difficile. Alors, combien de perdrix en Champagne
genevoise ? Suite peut-être au prochain numéro !
Alain Rossier
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