Genève 2007

Bon vent pour les perdrix grises genevoises!

Après de très nombreuses années consacrées à la revitalisation des biotopes intéressants pour la perdrix grise, passant principalement par la mise en place de bandes abri sur un grand secteur, trois lâchers de perdrix ont eu lieu dès 2004. En provenance de Pologne et de France, quelque 150 oiseaux sont venus coloniser la Champagne genevoise, répartis sur les années 2004, 2005 et 2006. D’autres individus, issus d’élevages, ont été introduits en période estivale pour accompagner des couples qui n’avaient pas réussi leur nichée. La réussite des couvées n’a pas toujours été celle que l’on attendait, même si le nombre de couples nicheurs a augmenté chaque année. Les pertes naturelles, la prédation inévitable et d’autres facteurs de pertes sont à l’origine de ce constat. Le Service de la faune a délibérément minimisé la régulation des prédateurs, et celle du renard en particulier, et les responsables du projet n’ont pas non plus activé des actions d’agrainage, ceci pour maintenir toute l’affaire dans la ligne la plus écologique.

Une acclimatation bien réussie

Tous les oiseaux semblent s’être vite et bien adaptés à leur nouveau milieu, ils se sont associés facilement, malgré leur provenance différente. La télémétrie a permis ces observations, puisqu’un bon nombre de perdrix ont été équipées d’un émetteur et ont pu être suivies dans leurs déplacements. C’est comme cela que l’on a su que des compagnies avaient migré sur des territoires de France voisine, pour revenir ensuite sur le terrain genevois. Dès cette année, aucun lâcher n’aura lieu et il ne faudra compter, dès lors, que sur la population existante, pour savoir si l’espèce va évoluer dans le sens d’une existence à long terme. Nous devons aussi signaler ici que le responsable du projet, Bernard Lugrin, a cessé sa collaboration avec la Station ornithologique de Sempach. Depuis 2004, les entraînements de chiens d’arrêt, seule activité liée à la cynégétique subsistant encore après la suppression de la chasse, sont interdits sur 7 communes. Cette interdiction est encore valable pour deux ans. Nous pouvons toutefois espérer que des comptages avec les chiens seront organisés par la suite. Jusque-là, les chasseurs ont bien joué le jeu et ont compris qu’il fallait assurer à ces oiseaux un maximum de sécurité et un minimum de dérangements.

Et le grand public ?

Je ne sais pas si c’est une volonté crasse de ne pas vouloir s’informer, mais plus j’entre en discussion avec des gens, plus je me rends compte que le grand public est complètement à côté de la réalité des faits. Il ignore réellement le fond du problème et lorsque l’on parle de régulation, par exemple, et de sa façon d’être faite sur le territoire genevois, il est étonnant de constater la réaction de la plupart des gens qui sont souvent choqués. A propos du sanglier, beaucoup voudraient bien en déguster plus souvent ! Quant à la perdrix, par méconnaissance évidente, les Genevois s’étonnent qu’elle puisse exister sur le canton. Tout ceci est à l’image de tous ces concitoyens qui sont près à admettre la suppression de la chasse de la bécasse ou du Tétras-lyre, dont ils ne connaissent même pas la couleur !

Alain Rossier