Rapport 2006 du président
Pour chaque être humain, le temps défile inexorablement et, pour les membres de la Saint-Hubert, ce défilé est aussi évident qu’il pèse lourd en regard d’une situation bien particulière ! En effet, si notre société fête son 70e anniversaire cette année, elle a vécu pas moins de 33 ans sans chasse sur le canton ! Rappel douloureux, certes, mais aussi constat navrant de la suppression d’un droit qui apporte plus de contrainte et de frais à l’Etat et, de toute évidence, pas vraiment un meilleur équilibre faunistique dans nos plaines et nos forêts. Avant d’apporter un commentaire à cet état de fait, je voudrais d’abord remercier très sincèrement les membres fidèles de la Saint-Hubert qui ne désarment pas, mais subissent une société malade de l’hypocrisie et de l’hypersensibilité d’un esprit humain, plus tournée vers une écologie de salon, que vers une réelle gestion de la faune dictée par les réalités du terrain. Les adversaires inconditionnels de la chasse ne savent vraiment pas ce qu’ils perdent par leur méconnaissance de la faune sauvage et de la cynégétique. Ils affichent clairement leur refus de faire face à des responsabilités. Le fait de déléguer la régulation du gibier et la protection des espèces à un corps étatisé, par conséquent politisé, n’est pas forcément une preuve d’intelligence et de compétence, de loin s’en faut ! Alors, membres de la Saint-Hubert, merci pour votre soutien.
Notre canton abrite une faune sauvage composée de grands mammifères, tels sangliers, chevreuils et quelques cerfs. Nous connaissons bien tous les problèmes causés par les bêtes noires, qui commettent des dommages aux cultures tout au long de l’année. Une prévention des dégâts, même importante, n’exclut pas la nécessité d’une régulation constante. On tire donc des sangliers, mais on avoue, maintenant, qu’il devient toujours plus difficile de prélever les bêtes et qu’il faut beaucoup plus de temps pour tirer un cochon. Le versement des indemnités ne résout pas tous les problèmes et son montant global n’est pas forcément lié au nombre d’animaux abattus ! Pour la petite faune, les faisans sont présents dans certains secteurs, les lièvres montrent des densités intéressantes, le faible nombre des renards n’est que momentané et les perdrix, dont les effectifs sont étudiés de très près, ne sont pas encore légion ! Pour les lièvres d’Arve-lac, leur très forte présence nécessite des mesures extraordinaires pour enrayer une vague de dégâts aux cultures, principalement celle des tournesols. Quelques actions ont visé à faire disparaître une partie des canards hybrides qui pullulent dans le Petit Lac. Comme on le voit, toutes sortes d’actions, parfois lourdes et coûteuses, sont devenues nécessaires et sont à la charge de l’Etat, donc des contribuables. Une partie d’entre elles pourrait être assurée par des chasseurs sans qu’il en coûte au canton.
Notre Saint-Hubert regroupe une toute petite partie de domiciliés genevois qui sont au bénéfice d’un permis de chasse en Suisse ou à l’étranger. Présente dans les associations de chasse romandes, elle est aussi représentée à la sous-commission de la faune. Cette représentation, insignifiante aux yeux de certains, est tout de même importante, puisque notre société participe à une concertation et reçoit, en consultation, des documents liés à la chasse en Suisse. A ce sujet, je ne peux que regretter le manque de participation d’autres membres, à part votre président ! Notre demande de création d’un corps d’auxiliaires, désirant participer à différentes tâches du SFPNP, n’a pas abouti, mais est constamment renouvelée lors de certaines séances. La protection des cultures, les comptages d’animaux, la régulation de certaines espèces autres que gibier, la prévention des dérangements de la faune par les humains et les chiens sont autant de tâches qui pourraient entrer dans un cahier des charges lié à des auxiliaires. Nous restons vigilants à ce sujet.
L’an dernier, la soirée familiale a réuni les membres les plus fidèles à cette manifestation. Peu nombreux, ils y ont tout de même trouvé une excellente ambiance et beaucoup de plaisir.
Le tir aux pigeons d’argile a connu son succès habituel, même si les organisateurs auraient aimé constater une plus grande fréquentation. Le ball trap reste une bonne occasion d’entraîner le maniement de l’arme et l’adresse au tir. Le repas en plein air est aussi un événement qui réunit volontiers les amis de la société.
Diana Suisse poursuit ses buts visant à la défense de toutes les formes de chasse et à la protection des biotopes et du gibier. Affiliée à ChasseSuisse, elle agit en fonction des impératifs du moment, réagit sur tous les dossiers en cours et fédère les associations cantonales dans le meilleur esprit. Diana Suisse fêtera son 125e anniversaire cette année lors d’une grande manifestation à Château d’Oex, les 16 et 17 juin prochains. A cette occasion, des décisions importantes devront être prises concernant la continuité de son statut actuel. Elle compte sur la participation et le soutien de très nombreux chasseurs venus de différentes régions.
Votre président compte aussi sur vous, sur votre engagement et vous encourage à montrer, autour de vous, que la chasse a non seulement son droit de cité, mais aussi un grand rôle à jouer dans la nature et dans la protection de la faune. Pour ce que vous avez apporté à notre Saint-Hubert, pour ce que vous faites pour la chasse, il vous remercie très sincèrement. Rien ne doit prendre fin, sauf la médiocrité !
Alain Rossier
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