Genève 2007

St Hubert de Genève 1937 – 2007

Le temps qui court perpétue, sur la nature et les hommes, un éternel changement que le rythme des saisons ne manque pas de définir par ses spécificités météorologiques. Ainsi, le chasseur vit, observe, attend, espère ou subit les saisons qui passent, en souhaitant toujours le meilleur pour la flore et la faune qui retiennent toute son attention. Bien qu’ils attendent l’automne avec fébrilité, pour se retrouver à la veille de l’ouverture, les chasseurs sont à l’écoute du gibier toute l’année. Chaque fois qu’il est nécessaire, ils entrent en action pour protéger l’environnement et les biotopes particuliers, ce qui permet à certaines espèces de survivre. Ils surveillent les populations et leur développement, pour connaître et assurer la reproduction qui autorisera, ou non, des prélèvements dans le cadre de l’exercice de la chasse et des lois qui la régissent. Depuis des lustres, ils ont compris que leur activité n’était crédible que dans la mesure où ils ne cueillent que les intérêts du capital gibier que la nature met à leur disposition. Les plans de tir, les prélèvements ciblés, dans un équilibre strict dicté par la pyramide des âges et le sexe-ratio, sont les garants d’une chasse raisonnable et raisonnée. Certes, nous répétons souvent ces allégations, mais il semble que personne, hormis ceux qui connaissent la chasse et les chasseurs, ne veuille prêter attention à ces propos. Dernièrement encore, lors d’une émission télévisée sur une chaîne française, des journalistes, une militante SPA et une psychologue « spécialiste de la souffrance animale », ont tiré ensemble à bout portant sur ces chasseurs assassins, tirant sur tout ce qui bouge, ces sanguinaires sexuellement frustrés, les accusant encore d’importer des milliers de chevreuils, cerfs et sangliers pour les abattre sans sommation dès le week-end venu ! Cela me rappelle étrangement les attaques des initiants genevois qui, au bénéfice de l’incrédulité et de la méconnaissance de l’électorat, ont fait entrer la suppression de la chasse dans la loi de notre canton.

33 ans plus tard

Sans complexe ni mauvaise conscience, les protectionnistes actuels sont sans réaction devant les tirs de régulation, qui s’apparentent beaucoup à un abattage pur et simple. La liste est longue, depuis ce temps mémorable où le citoyen a cru créer un paradis animalier entièrement financé par les contribuables et ce ne sont pas les 9700 oiseaux, 1100 renards, 2700 sangliers, 1130 lièvres, 1900 lapins et 2800 chats harets (chiffres arrondis) qui démentiront une activité de tirs plutôt constante entre 1974 et 2006 ! Certes, sans vouloir se focaliser sur la régulation, il n’en reste pas moins choquant, pour des chasseurs privés de leur activité, d’être obligés d’accepter ces tirs opérés par des surveillants de la faune. Au bénéfice d’un permis de chasse, ils pourraient aussi participer à cette régulation et cela dans le respect d’une saine gestion et d’une éthique cynégétique. Nous n’avons peut-être pas à douter de la compétence des gardes, mais de là à affirmer qu’ils ont « une formation particulière et unique en Suisse, plus pointue que celle des chasseurs, supérieure même à celle des cantons du Jura et de Vaud, qui est presque une formation universitaire », il y a des limites qu’il ne faudrait pas dépasser ! Propos tirés d’un article du « GHI », 11-12 avril 2007, sous la plume de Ch. Zaugg.

Heureux anniversaire quand même !

Dans ce canton sans chasse, notre St-Hubert rappellera tout de même le 70e anniversaire de son existence dans ce canton sans chasse, et pour se donner l’illusion d’une ouverture, elle le fêtera lors d’un tir aux pigeons d’argile et autour d’une grande broche, sur laquelle tourneront une ou deux grosses bêtes venues d’ailleurs (mais pas de bisons).

Alain Rossier