Genève, une grande ville, mais aussi un canton agricole suisse

Lorsque qu’un touriste arrive à Genève par l’autoroute, qu’il vienne du sud ou du nord, il a tout de suite l’impression d’entrer dans une grande ville surpeuplée, continuellement parcourue par des quantités de voitures, dont de grosses cylindrées 4X4 (!). Il est vrai, qu’avec plus de 600’000 habitants et près de 50’000 pendulaires journaliers, venant de la France voisine et du canton de Vaud, le visiteur peut se sentir écrasé et débordé. Au sud du lac Léman, le coup d’œil sur la rade et son jet d’eau, le clocher de la cathédrale qui culmine au centre de la ville, la moyenne montagne qui entoure tout cela, vaut son pesant de plaisir pour les yeux. Par temps très lumineux et dégagé, la haute montagne coupe l’horizon et en particulier par le sommet du Mont-Blanc qui domine majestueusement l’est du bassin genevois. De l’autre côté, le Jura s’étend tout en longueur et ses sommets bosselés se succèdent du sud au nord. Tantôt ce sont de hauts pâturages, tantôt la forêt d’épicéas recouvre le tout en apportant ses différents tons de verts qui peuvent être presque noirs lorsque la météo est à l’orage ou à la pluie. Pendant les vrais hivers, Genève est ceinturée de neige qui vient mourir au pied des montagnes et qui remonte dès le printemps venu, laissant la place à la verdure.
Il suffit de sortir
Après avoir visité la vieille ville, quelques parcs, quelques musées, les jardins de l’ONU, le Jardin Botanique et la tour de contrôle de l’aéroport de Cointrin, le visiteur pourra s’étonner de se trouver dans une magnifique campagne, avec des terres agricoles, des vergers de qualité et un très important vignoble (le troisième de Suisse), puis quelques forêts intéressantes à différents titres. Le canton de Genève compte tout de même 11’600 hectares de cultures, pour 450 exploitations. C’est le troisième producteur de colza en Suisse, le sixième pour la production maraîchère et le septième pour les céréales. Le président du Département Nature et Paysage et Conseiller d’Etat Robert Cramer affirme : « A Genève, il y a de la place pour tous les types de productions végétales et animales, toute activité agricole est possible et bienvenue, tant il est vrai qu’il y a autant de manières de produire qu’il y a d’agriculteurs avec leurs compétences professionnelles variées ». Propos recueillis dans « BCGE Dialogue, été 2007 ». En effet, la campagne genevoise offre une grande diversité de sites qui ne se parcourent pas en un seul jour. La faune et la flore s’y développent bien, pour autant que l’on sache canaliser l’urbain accompagné de son chien, les cavaliers ivres de terrains libres et les sportifs qui confondent nature et stade ! Le petit gibier peut trouver des biotopes à son gré, le grand gibier a déjà droit de cité, le chevreuil est bien présent, le cerf passe ou réside temporairement et les sangliers n’en finissent pas de laisser des traces nombreuses et trop souvent désagréables !
Des pistes pour les cavaliers, des sentiers pour les promeneurs
Dans le but légitime de protéger l’environnement, le DNP a prévu des pistes pour les cavaliers, afin que les sabots de leurs chevaux ne défoncent pas les chemins forestiers et agricoles. Il a aussi balisé des sentes pour les très nombreux promeneurs, dans l’idée de les empêcher de commettre des dommages aux cultures et de déranger la faune. Il a encore actualisé des places de pique-nique avec un matériel de base, des poubelles pour recueillir les déchets des ripailles de fin de semaine. Le DNP a préparé toutes sortes de panneaux explicatifs, pour créer un réseau d’informations intéressantes à l’attention de tous les utilisateurs de la nature. Il a aussi mis en place un important Service de la Faune, de la Pêche, de la Nature et du Paysage, qui s’occupe de la régulation et de la protection de la faune, qui règle les affaires de la pêche et qui surveille l’environnement et les biotopes. Alors que de nombreux problèmes sont à régler au sein de la faune, le DNP et son grand patron ne laissent toujours aucune place pour les chasseurs, qui seraient pourtant prêts à participer et à collaborer dans différentes actions utiles.
Amis chasseurs qui devez encore vous exiler cet automne, soyez prudents, soyez corrects, soyez respectueux des règles cynégétiques et du gibier. C’est à ce prix que la chasse est crédible.
Alain Rossier
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