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Le lynx, ce squatter écolo
Le lynx, ce squatter écolo, deviendrait-il le meilleur agent de
communication de nous autres gens de terrain ?
Par sa venue artificielle, il y a 40 ans (1971, Obwald), non seulement
il incitait les idéologues à s’arroger le droit absolu de régir la
nature, mais il créait aussi, sous le toit de l’Office fédéral de
l’environnement, des emplois pour une nébuleuse d’experts autoproclamés.
Bon pasteur de l’économie alpestre, il lui imposait ses propres règles,
et n’hésitait pas à gonfler ses notes de frais. Enfin repenti, le lynx a
admis son énorme bourde écologique, au point que sa pression
dévastatrice alarme le pouvoir politique. Aujourd’hui, on envisage de le
délocaliser davantage, voire de le réguler. A preuve : le Conseil d’Etat
vaudois «exprime clairement sa volonté de diminuer le nombre de lynx
dans le canton, comme il a demandé à plusieurs reprises que des
compétences supplémentaires soient accordées aux cantons en matière de
gestion des grands prédateurs».Sur
la base des monitoring officiels effectués par la Kora, l’analyse
effectuée en début d’année 2011 par la FSVD, assortie des interventions
de son comité, n’y est pas étrangère. L’inventaire ainsi établi, même si
certainement sous-estimé, faisait état de quelque 16 lynx dans les Alpes
et Préalpes vaudoises contraints de se partager, pour chacun d’eux, 28km2
d’habitat favorable, et d’une dizaine dans le Jura vaudois se partageant
ainsi 72km2 chacun.Lors
de son introduction, le lynx promettait de respecter les normes de sa
cohabitation avec la faune, soit un individu sur une aire qui ne devait
pas être inférieure à quelque 200km2. Le
26 juin 1976,
seuls
deux mâles auraient été lâchés à Taveyanne. Ainsi, notons que
les 166 km2 du Pays-d’Enhaut correspondaient à la présence de
pas même un lynx ! Deux ans plus tard, la Kora reconnaissait que
«la prolifération de ce prédateur a été imputable aux deux tiers de
lâchers illégaux».Connaissant
l’appétit de ce prédateur, le résultat ne s’est pas fait attendre et
l’on a pu rapidement déplorer les pertes importantes tant pour le
chevreuil que pour le chamois.
En mars 2004,
la Diana du Pays-d’Enhaut publiait un rapport dont l’Office fédéral n’a
pas voulu tenir compte lui préférant le « Concept-Lynx » conçu pour
s’opposer à sa régulation raisonnée, comme aussi un silence approbateur
a suivi les lâchers clandestins.
On s’y attendait : vu l’évolution actuelle de la situation, Mr. Serge
Ansermet, secrétaire VD du WWF, dans le courrier des lecteurs de 24
heures, le 17 novembre dernier pleurnichait à nouveau après une
nature revenue à l’état d’Eden et d’intituler son incantation : «Les
dégâts imaginaires du lynx».Rendons-nous
à l’évidence : il est utopique de rêver à un équilibre naturel des
espèces, surtout lorsque la prolifération des prédateurs n’est pas
contrôlée. Après avoir fait la sourde oreille et fermé les yeux sur les
populations de chamois et chevreuils décimées, on entend déjà ces
idéologues pleurer les lynx qui mourront de faim, faute d’ongulés à
dévorer !
Au nom du Comité de la FSVD
Philipe Duperrex
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