Edito de la revue     Décembre 2011   Rédacteur: Michel Bréganti   Tél. 024 471 59 51

Fumées de loup

Amis chasseurs, nous sommes au bout de la saison de chasse et nous devons reprendre la défense active de notre passion contre nos détracteurs. Tous les ans, notre absence médiatique saisonnière profite aux ultra-protecteurs de la faune qui tentent de gagner du terrain en mettant en exergue les rares problèmes que la chasse engendre et leurs actions bénéfiques, tout comme la fameuse « mouche du coche » de La Fontaine.
La Suisse est devenue depuis quelques lustres un vaste échiquier autour duquel les joueurs sont trop nombreux et dont une bonne partie ne jouent pas le même jeu. Tous les coups sont permis, à croire que les arènes politiques et médiatiques ressemblent à des sorties de matches de football aux funestes conséquences.
La régulation des grands prédateurs fait l’objet d’un baroud des associations de protection pour tenter d’enrayer la révision de la Convention de Berne qui, déjà décidée par les Chambres fédérales, fait maintenant l’objet d’une ferme injonction du Conseil fédéral aux membres et instances dirigeantes de ladite convention afin de laisser aux cantons le pouvoir de réguler les grands fauves. Mais les dés sont pipés car dans les médias les protecteurs affirment déjà que l’on va détruire la biodiversité, alors qu’il s’agit uniquement de nous remettre au même niveau que les autres pays signataires qui avaient à l’origine restreint par des avenants la protection totale de ces dangereux prédateurs. Ces pays n’ont rien perdu de leur biodiversité, tant s’en faut; c’est plutôt nous qui, pour avoir toléré les agressions écologiques de notre société, avons largement entamé notre capital nature.
Maintenant, soit la Suisse peut transformer cette protection intégrale en gestion intelligente, soit elle dénonce la convention. Hormis la régulation des grands fauves, il n’y a pas grands soucis à se faire car les lois actuelles sur la protection de la faune, sur la chasse, etc., sont suffisamment restrictives quant aux prélèvements pour qu’il n’y ait pas péril en la demeure «biodiversité».
Si d’aucuns avaient prédit que les résolutions des Chambres fédérales allaient stagner dans les méandres des couloirs du Palais, ils ont eu tort. La Confédération prend le couteau par le manche afin que la présence des grands prédateurs soit supportable pour l’agriculture de montagne mais aussi pour les autres espèces de la faune, ce qui n’avait jamais été envisagé jusqu’alors.
Autre paradoxe important qui devra être réglé: l’octroi de subsides pour le maintien à tout prix des grands prédateurs afin qu’ils soient « tolérables » et, de l’autre côté, ceux destinés à soutenir une saine agriculture de montagne que nous voulons absolument conserver. C’est subsides contre subsides, donc stérile, mais insupportablement dispendieux pour les contribuables suisses.
Il est donc grand temps de faire les comptes et de les régler, car les crottes de loup ne sont pas de la roupie de sansonnet.