Edito de la revue     Juin 2011   Rédacteur: Michel Bréganti   Tél. 024 471 59 51

Du devoir de mémoire, de la survie notre passion

Jadis la chasse autorisée n’étant pas accessible à tout un chacun, la braconne faisait souvent force de loi. En effet, les gens vivaient dans la nature et chaque habitant de village, paysan de montagne, se devait de nourrir sa nombreuse descendance.
En effet, il n’était pas question d’abattre du gros bétail bovin qui produisait du lait, du beurre et du fromage, car c’était la source principale de revenu. Seul le petit bétail était sacrifié, rarement, pour la table, surtout les poules de réforme, un agneau pour la fête pascale, le cochon avant Noël mais qui devait durer jusqu’à la fin du printemps. Dans ces circonstances, la viande sauvage palliait au manque de protéines dans des familles souvent nombreuses dont les bouches criaient famine. Ainsi, au fil des siècles, une foule de formes de chasse ont été patiemment mises au point. Il fallait à l’évidence pratiquer en toute discrétion. Les armes n’étaient pas majoritaires tandis que le piégeage proposait quantité de méthodes tout aussi sophistiquées les unes que les autres. On faisait « feu de tout bois » pour ramener au foyer de la venaison qui ne dépendait que de la science et de l’expérience du braconnier.
Une grande partie de ces chasses ont perduré et se sont affinées. Elles représentent une grande valeur dans le patrimoine de l’humanité, car non seulement elles témoignent, mais elles ont gardé toutes leurs valeurs cynégétiques. Elles respectent les populations de la faune en ne prélevant que le strict nécessaire et, surtout, elles conservent le capital. On faisait un civet dominical de ce blaireau qui ravageait le potager, les petits fruits et les raisins, le renard chapardeur de poules finissait à la casserole.
Or, maintenant, des gens qui ne connaissent pas grand-chose à la nature, qui ne la pratiquent qu’à travers les livres, les yeux et les idées des autres, veulent faire disparaître ces chasses, au petit gibier tout spécialement. Il suffit de rechercher les pratiques anciennes de chasse et de pêche dans la littérature, notamment dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (par Internet), pour se rendre compte des pertes culturelles et de savoir-faire engendrées par un obscurantisme coupable. Nous devons à la chasse notre existence même et il ne me semble pas opportun de tout renier pour satisfaire à des théories fumeuses. A cet égard, nous sommes à peine sortis de l’initiative sur les armes qu’il faut remettre sur le métier la défense de notre passion car l’office fédéral de l’environnement a mis en consultation la «Révision partielle de l’ordonnance sur la chasse». Or c’est un très volumineux document qui ressemble plus à un étouffe-chrétien qu’à un texte législatif aisément utilisable et qui, de plus, n’est pas réalisé par des enfants de chœur : il est unilatéral. Il est donc nécessaire que les responsables de la chasse, ChasseSuisse, Diana Suisse et ses Fédérations, en fassent une étude approfondie, analysent et soient prêts en cas de dérive écologique à mettre en œuvre les moyens de contrecarrer les attaques inévitables.
En effet, à titre d’exemple, la perdrix grise serait placée sous protection totale alors qu’elle est sous moratoire. De plus, il est reconnu dans ce document qu’elle a disparu sans espoir de retour. S’il n’y a plus de perdrix, qui voudrait ou pourrait les chasser? Alors pourquoi protéger les absents voire les inexistants.
Protéger une espèce disparue cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose... Une histoire de loup par exemple et même un peu de lynx dont les conséquences funestes de réintroductions ou de « réinstallations » perdureront encore quelques décennies. Lors de parties de chasse, le vent tournant, nous devons nous protéger contre les éléments naturels et nous battre. Il est plus que jamais indispensable de défendre notre passion contre ce « gros temps politique » que nous amènent nos adversaires et dieu sait s’ils sont nombreux.

P-S. Pour les intéressés: http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/documents/1861/RP_OChP_RAPPORT_EXPL_F_2011.pdf