La chasse romande de demain
La chasse en Suisse romande reste une activité de proximité, liée au mode de vie rural et à ce titre elle est encore inscrite dans la mémoire collective et populaire. Mais pour combien de temps encore ? L’amnésie des foules gagne du terrain.
Autour de nous, dans la presse et les médias, la légitimité de nos actions de chasse est remise en question. Elle est parfois contestée et il nous arrive de nous demander : « De quoi sera faite la chasse de demain ? »
Afin de tenter de donner un éclairage en regard de notre interrogation, nous aimerions apporter ici une certitude, celle qui consiste à oublier à tout jamais l’adage suivant : « Pour vivre heureux, vivons cachés ».
A l’heure actuelle, un certain nombre de lobbies proches des milieux de la protection des animaux et de certaines organisations de protection de la nature souhaiteraient que l’on ne chasse plus. Au mieux, ils demandent que le chasseur soit celui qui gère, sélectionne, optimise le rapport gibier-territoire. Cette vision doit être combattue, car, elle n’indique pas la vraie nature de notre passion. Elle ne dit rien sur ce que nous sommes. Elle ne dit rien de nos origines et du rapport étroit que nous cherchons à établir avec les espèces sauvages.
Diana Suisse par les membres de son bureau et avec le soutien des présidents des fédérations cantonales propose quatre axes de travail pour mener à bien une politique en faveur de la promotion de la chasse en pays romand, bien conscients que nos espoirs dépassent nos attentes :
• Aider les chasseurs à adapter leurs pratiques aux nouvelles attentes de la société.
• Adapter les structures de Diana Suisse en regard des nouvelles exigences de la société.
• Faire entendre la voix de la chasse latine au niveau de nos instances cantonales romandes et de Chasse Suisse.
• Promouvoir la chasse du XXIe siècle et défendre la pratique de toutes les chasses.
Pour réinventer la chasse de demain, il s’agira d’initier des actions ayant pour ambition d’informer le public sur le rôle nécessaire et positif de la chasse dans notre société. Les activités qui visent à faire découvrir la chasse au travers des journées « chasseur accompagné » ciblées pour le tout public, ou plus spécifiquement auprès des députés-es et des parlementaires sont des actions importantes de promotion. Ces démarches accomplies localement, doivent permettre la mise en vitrine de la chasse, de ses pratiques et de la convivialité régnant dans nos rangs signe distinctif de notre loisir.
Comme cela se pratique dans plusieurs cantons depuis plusieurs années, la nécessité de faire découvrir la chasse aux enfants et aux jeunes générations n’est plus à prouver et cela au travers d’activités spécifiques de type « passeport vacances », du sauvetage des faons, de l’observation du brame du cerf. Les chasseurs ont un rôle pédagogique important d’éducation à l’environnement. Nous ne devons pas oublier que l’image que nous montrons, conditionne le regard que nous portent nos concitoyens. Afin d’éviter de ternir cette image, il s’agira encore de faire cohabiter en bonne intelligence notre activité sur un même espace avec les autres loisirs de la nature.
Les actions de sensibilisation qui amènent le chasseur à comprendre et à adopter des attitudes de prédation dans le but de limiter l’impact de son action sont nécessaires. Cela permet d’illustrer et d’expliquer que la chasse ne cherche pas à mettre en péril les espèces sensibles (lièvres, perdrix, bécasses, petits tétras, …). Dans cette optique, il n’est plus nécessaire de faire preuve de tableaux exubérants. L’enjeu est de concentrer nos efforts sur notre manière sensible d’approcher la nature, sur le savoir-faire émanant de nos actions et sur notre connaissance des biotopes et des habitudes des animaux. Cette attitude légitimera notre participation active aux débats publics sur la protection des espèces rares et menacées.
Les instances dirigeantes de la chasse que sont Chasse Suisse, Diana Suisse ainsi que les fédérations cantonales et les sections doivent coordonner leurs actions en regard de la problématique du retour des grands prédateurs. Il n’est pas correct de ne pas avoir un débat constructif au sein de notre corporation sur les questions liées aux populations pléthoriques de lynx ou en regard de l’arrivée des loups sur le territoire Suisse. Il faut prendre en compte tous les avis et toutes les sensibilités même si celles-ci n’expriment pas une majorité. Pour cela, il faut éviter de diaboliser nos détracteurs, mais de comprendre les enjeux que représentent certaines espèces aux yeux du grand-public et d’adopter des attitudes qui cherchent à montrer que nous écoutons et que nous cherchons des solutions « gagnant-gagnant » et ceci sans angélisme.
Etre présent et actif pour accompagner les nouveaux projets d’introduction et de suivi des espèces chassables, comme la recolonisation du cerf dans le massif jurassien et ainsi participer aux débats scientifiques afin de défendre au mieux nos intérêts.
Il nous semble important de positionner Diana Suisse comme une structure forte et nécessaire qui permettra de continuer le travail accompli par les anciens, d’engager et de promouvoir les échanges de points de vue entre les chasseurs des différents cantons. Les membres du bureau de Diana Suisse mettront leur énergie à soutenir et à accompagner les propositions concrètes qui présentent la chasse et les chasseurs au public, celles qui défendent toutes les chasses et leurs particularités. Charge ensuite aux fédérations cantonales, puis aux chasseurs de prendre les projets qu’ils jugeront utiles, de les adapter aux sensibilités et aux usages de leurs régions respectives.
La chasse de demain existera, si nous, chasseurs romands, serons unis et saurons communiquer avec authenticité et honnêteté notre passion. Une chasse légitimée par la société est une activité qui se montre, s’explique et se transmet en ne perdant pas de vue que la mission qui nous a été confiée est celle de tenter la difficile maîtrise des populations d’animaux sauvages dans le respect des équilibres.
Le bureau de Diana Suisse :
Marcel Lachat , président
Jean-Luc Berberat, vice président
Marie-Françoise Mertenat, secrétaire
Jean-Marie Boillat, caissier
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