Rapport du président 2009 - 2010
L’année 2009 a été spécialement marquée par le dixième anniversaire de la fondation de notre association. Sans aucun doute, les participants à notre assemblée générale du 12 juin se souviendront encore longtemps de cette croisière qui s’est déroulée sur le lac de Neuchâtel par un temps magnifique. Lors d’une brève assemblée statutaire, une modification des statuts fut rapidement adoptée : les conditions permettant l’admission de nouveaux membres furent étendues aux personnes s’intéressant au travail du chien et souhaitant le maintien de la chasse de la bécasse (art 3). Après la clôture de l’assemblée, les membres et les invités prirent l’apéritif qui fut suivi d’un repas-buffet fort apprécié. Ensuite, le président rappela les circonstances qui ont permis la création de l’ASB et quels ont été les membres qui ont adhéré à ce projet d’association ; en témoignage de reconnaissance, ces derniers ont reçu une gravure originale. En outre le rapport « Migration de la bécasse en Suisse », fruit de dix années d’observations par les bécassiers, a été remis à chaque participant. Avant de regagner la terre ferme, quelques membres captivèrent l’attention de l’assemblée en rapportant des anecdotes et des souvenirs, réels ou inventés, laissant libre l’assistance d’y croire ou non.
Une semaine plus tard, L’ASB a été admise officiellement en tant que membre de ChasseSuisse lors de la première assemblée des délégués à Zofingue. C’est à cette occasion que le président de l’ASB put présenter le rapport intitulé « Migration de la bécasse en Suisse » ; profitant de cette occasion, il a pu rappeler que la chasse de la bécasse existe toujours dans les cantons romands et au Tessin. Bon nombre d’exemplaires de ce tirage, financé par ChasseSuisse, ont été remis aux délégués. Dès lors, l’ASB a déjà pu compter sur l’appui du secrétaire, Marco Giacometti, qui est intervenu à plusieurs reprises dans la presse cynégétique par des communiqués allant dans le sens qui nous est favorable.
En outre, le président a participé à Santander (E), les 25, 26 et 27 juin, à l’assemblée générale de la FANBPO ; cette fédération compte actuellement 11 clubs ou associations de bécassiers européens. Lors du symposium qui précéda l’assemblée générale, plusieurs intervenants ont apporté diverses contributions à l’amélioration de nos connaissances de la bécasse, notamment son comportement en cas de vague de froid et les mesures à prendre dans ces circonstances ; plusieurs moyens techniques permettant le suivi des oiseaux en migration ont aussi été présentés.
Le Communiqué annuel de notre association a été envoyé, comme chaque année en octobre, aux Services cantonaux concernés (romands et tessinois) ainsi qu’aux différentes associations de protection de la nature et des oiseaux. Ce communiqué résume principalement les activités de recherche sur la bécasse menées par l’ASB depuis une dizaine d’années et mentionne l’élaboration du rapport « Migration de la bécasse en Suisse » qui a été offert aux membres et à plusieurs chefs de service cantonaux de la chasse ou de la faune ; il pouvait être obtenu sur simple demande par les diverses sociétés de protection de la nature ; cependant aucune de celles-ci n’a manifesté le souhait d’en prendre connaissance !
L’automne passé, les feuilles d’observations ont été envoyées aux bécassiers disposés à fournir une fois encore les renseignements qui permettent d’année en année de comparer le mouvement migratoire automnal. Des recommandations visant à améliorer les relevés et la préparation des ailes ont été encore jointes à ce courrier afin que le travail final de synthèse puisse être aisément mené à bien et sans retard !
Les challenges, offerts en 2001 par l’ASB, ont été attribués, à l’issue des field-trials de Leviers (F) des 24 et 25 octobre. Ce sont des bécassiers français qui ont remporté les deux : Mme J. Nevalclou avec Baïhlou du Jardin d’Euterpe, EBF, et M. D. Comte avec Tiane de la Joue des bécasses, SAF. Le président de l’ASB a fourni un nouveau challenge pour les chiens britanniques puisque le précédent avait été définitivement attribué en 2008. On peut souhaiter que davantage de bécassiers suisses prennent part à ces épreuves.
Dans le canton du Tessin, suite à l’initiative de M. P. Pennacchini, président du club des bécassiers italiens, un programme transfrontalier de monitoring des bécasses se met en place de part et d’autre de la frontière séparant la région de Côme et le Tessin ; le vice-président de l’ASB, Orlando Rosa, est chargé des contacts à prendre avec les bécassiers italiens. Des autorisations devront être obtenues auprès des autorités policières pour rechercher les oiseaux en dehors des périodes de chasse.
Dans le canton de Neuchâtel, sous l’impulsion d’Henri-Armand Meister, un groupe de travail constitué de C. Mironneau et J. Pena s’est réuni en novembre. Une proposition d’examiner les possibilités d’une ouverture plus tardive de la chasse sur les zones dans lesquelles des bécasses nicheuses ont été identifiées, est en cours d’évaluation. D’autre part, il va être demandé à des bécassiers de déterminer s’il existe des bécasses cantonnées durant la première décade d’octobre dans des régions préalablement délimitées. Ces propositions ont reçu le soutien de M. M. Baumann de l’OFEV.
Dans le canton de Vaud, les bécassiers sont quelque peu irrités par la décision, prise par l’autorité cantonale depuis 2008, de limiter à une seule unité la prise journalière. Alors que le prélèvement d’une bécasse demeure peu fréquent, le bécassier se voit parfois obligé de cesser de chasser sitôt le premier oiseau abattu ; cette mesure pourrait se justifier si la bécasse était sédentaire. En tant que bécassier vaudois, le président a pris contact avec le Conservateur de la faune afin de trouver une solution qui puisse nous satisfaire, soit le retour à un prélèvement journalier de deux oiseaux au maximum et l’instauration d’un PMA annuel de 20 oiseaux ; cette mesure se généralise d’ailleurs de plus en plus dans les pays voisins. Lors de l’assemblée des délégués des sections de la Diana vaudoise, le 27 mars, il a été rapporté que la Commission consultative abordera la question l’année prochaine quand il s’agira d’élaborer le nouvel arrêté quinquennal !
Dans le canton de Fribourg, l’ouverture a été reportée au 15 octobre, suite à la pression des milieux protecteurs de la nature, notamment de la Société « Nos Oiseaux » (qui la demandait au 2 novembre !). Si en 2009, les bécasses sont arrivées tardivement et n’ont pu être chasées avant mi-octobre, il aurait été intéressant cependant de pouvoir montrer qu’il n’y en avait guère avant !
En octobre 2008, il a été demandé aux bécassiers romands de fournir une aile de chaque jeune bécasse prélevée durant le seul mois d’octobre. Le but de cette démarche était de déterminer l’origine de ces oiseaux puisque les associations de protection des oiseaux accusent les bécassiers de porter atteinte à la population des bécasses subsistant en Suisse.
La méthode, fondée sur l’analyse du deutérium présent dans ces oiseaux, permet de déterminer la latitude de la région où ils sont nés. Les premiers résultats, reçus le 23 février 2010, ont fourni les valeurs brutes correspondant aux plumes des 51 bécasses envoyées à un laboratoire canadien spécialisé. Pour l’instant, en attendant de plus amples informations, il semble bien que la grande majorité de ces oiseaux (49 sur 51) provienne de régions situées à l’est et au nord-est de nos frontières. Un rapport complet concernant cette recherche est en voie de rédaction, sitôt certaines explications complémentaires reçues ; il paraîtra prochainement dans « Chasse&Nature » et dans la « Caccia ».
Pour terminer ce rapport, je tiens à remercier tous les bécassiers qui ont compris qu’il est finalement de leur intérêt de participer, année après année, à la récolte d’observations des bécasses et de fournir les ailes des oiseaux prélevés. Je leur sais particulièrement gré de passer outre à la tentation, qu’ils pourraient avoir, de garder pour eux le secret des résultats de leur chasse.
A signaler enfin que plus d’une vingtaine de bécassiers a demandé leur adhésion depuis l’année dernière. On peut supposer que ceci est dû à une prise de conscience de la précarité de la chasse de la bécasse et des efforts entrepris par l’ASB pour la défendre.
Au terme de cette onzième année de présidence, ma reconnaissance va tout spécialement à Orlando Rosa, notre vice-président, qui gère à lui tout seul le travail de synthèse des renseignements fournis par ses nombreux collègues bécassiers tessinois ; de plus il est un précieux correspondant de « LA CACCIA » organe mensuel des chasseurs tessinois. Nous avons aussi la chance de pouvoir faire paraître gratuitement nos informations et nos articles dans Chasse&Nature grâce à Jean-Pierre Boegli et au rédacteur Michel Bréganti. Mes remerciements s’adressent aussi à notre caissier R. Dallenbach qui gère nos finances de façon rigoureuse et pertinente. Je ne saurai oublier les membres du comité, qui sont nos relais auprès des bécassiers de leur canton : H.-A. Meister pour le canton de Neuchâtel, Paul Duchein pour celui de Fribourg, J.-C Berberat pour celui du Jura et B. Gay pour celui du Valais, canton où les bécasses prélevées se comptent sur les doigts d’une seule main !
Comme je l’avais annoncé lors de l’assemblée générale de 2008, il me semble nécessaire que quelqu’un reprenne l’année prochaine la présidence de l’ASB. En effet cela fera 12 ans que votre serviteur s’est engagé pour créer l’ASB, sauvegarder la chasse de la bécasse et pour développer nos connaissances au sujet de cet oiseau fascinant. Craignant l’apparition inéluctable de déficiences intellectuelles et physiques liées à l’âge, je vous demande de songer dès maintenant à mon remplacement.
Ph. Leresche, président de l’ASB
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