Bécassiers     2010

Premiers échos de la saison 2009

Oiseau surprenant, la bécasse n’a pas fini de nous étonner dans son comportement migratoire. Sans doute que les conditions météorologiques, tant dans les zones de reproduction que dans les pays qui les accueillent momentanément durant leur vol de retour vers le Sud, ont une grande influence sur leurs déplacements.
Ainsi un gel nocturne et matinal dans le pays scandinaves, survenu prématurément cet automne, a contribué à accentuer le départ des migratrices. De même en Russie des chutes de neiges tombées déjà à la mi-octobre, soit deux semaines plus tôt que d’habitude, ont aussi déclenché ce départ précoce.
D’autre part d’abondantes chutes de pluie, durant le mois d’octobre dans les pays situés au nord de notre pays ont, semble-t-il, ralenti le mouvement migratoire. Certains oiseaux, surtout des jeunes pense-t-on, sont ainsi demeurés plus longtemps dans ces régions ; d’autres ont poursuivi leur route en adoptant des voies qui ont provoqué des arrivées inattendues dans des endroits très localisés. C’est ce qui paraît s’être passé en Suisse cette année si l’on se fonde sur les informations fournies par quelques bécassiers chassant dans divers cantons avec des bonheurs divers.
De façon générale les bécasses, à de rares exceptions, sont arrivées plus tardivement qu’à l’accoutumée puisqu’elles n’ont guère été signalées avant le 20 octobre.
Dans le Jura neuchâtelois, elles se sont montrées particulièrement « nerveuses », se laissant difficilement bloquer par les chiens jusqu’à la fin du mois.
Plusieurs oiseaux sont bien demeurés dans les zones les plus élevées du canton du Jura, permettant aux chasseurs de ce canton, ayant profité de cette présence, de se déclarer satisfaits.
C’est surtout vers le 29 octobre que les bécasses sont signalées en terre fribourgeoise ; alors que la chasse n’a débuté que le 15 octobre, cela a permis heureusement à plusieurs chasseurs de ce canton de lever bon nombre d’oiseaux.
Quant aux bécassiers vaudois, sauf exception, ils n’ont réussi à trouver que de rares oiseaux malgré leurs recherches assidues durant ce premier mois de chasse.
Peu après le premier novembre, lorsque la neige tomba jusqu’à mille mètres, on signala un peu partout une arrivée générale des bécasses ; ceci permit aux chasseurs, parfois déçus par la morosité de ce début de saison, de prélever enfin quelques oiseaux. Si, par la suite, ces bécasses sont restées ici ou là, c'est peut-être en raison de la douceur exceptionnelle de la mi-novembre ; mais la majorité d’entre elles paraît avoir choisi de continuer immédiatement leur migration.
Au Tessin, les premiers renseignements font état d’une saison « discrète ». Peu d’oiseaux en octobre et des arrivées durant la première décade de novembre et encore pas partout ! En tout cas, 2009 sera une saison moins bonne que celle de l’année précédente.
En résumé, la migration au cours de ce dernier automne fut loin d’être dans la norme avec des arrivées aléatoires, délaissant souvent des régions réputées accueillantes. Quelques bécassiers ont eu la chance d’être aux bons endroits au moment voulu ; d’autres, en revanche, qualifient cette saison de catastrophique au point que, paraît-il, même leur chien semblait démotivé !
On en saura davantage lorsque les feuilles d’observations, et les ailes éventuelles, auront toutes été renvoyées aux responsables cantonaux.

Ph. Leresche