Bécassiers     2009

Bilan général 2008

La migration de cette saison n’a pas été particulièrement précoce en Romandie. Aucun oiseau n’a été levé par les bécassiers neuchâtelois durant la seconde moitié de septembre, période durant laquelle ceux-ci sont déjà autorisés à prospecter les forêts de leur canton. Ce n’est qu’au courant de la première décade d’octobre que sont apparus quelques rares oiseaux. Comme d’habitude, ce n’est qu’à partir du 15 octobre que les rencontres augmentèrent et atteignirent leur maxima au cours de la dernière semaine d’octobre et de la première de novembre. La neige tombée jusqu’à 800 mètres, les 29 et 30 octobre, semble n’avoir pas précipité le départ des voyageuses. Le mois de novembre, fort variable avec ses coups de bise et ses tombées de neige, a cependant permis à quelques chasseurs persévérants de lever encore quelques bécasses attardées. Cette saison a permis néanmoins à certains bécassiers de se déclarer satisfaits ; ce sont ceux qui ont essentiellement parcouru les hautes forêts jurassiennes du canton de Neuchâtel et du Nord vaudois. Il en est de même pour quelques bécassiers fribourgeois qui n’ont pas craint de chasser en altitude dans les Préalpes. En revanche, les chasseurs vaudois n’ont pas trouvé, dans les lieux habituels, le nombre d’oiseaux escomptés ; les rares bécasses présentes sont cependant restées jusqu’à la clôture de cette chasse en décembre.
Les feuilles d’observations, rendues par 45 bécassiers romands, ont permis d’établir le coefficient d’abondance cynégétique (ICA) correspondant au nombre moyen d’oiseaux observés pendant une sortie de 3½ heures. Il a atteint cette dernière saison 1.44 (il valait 1.55 en 2007). Bien que légèrement plus faible, l’ICA 2008 peut être qualifié d’assez bon. Le graphique représentatif de la migration 2008 présente à nouveau un pic caractéristique correspondant à l’intensité maximale du passage des oiseaux.
L’indice cynégétique de prélèvement (ICP), qui correspond au nombre d’oiseaux prélevés en moyenne durant une sortie de 3½ heures, vaut cette année 0.38. De façon triviale, on peut dire que l’automne dernier, il a fallu chasser environ 10 heures pour prélever un oiseau !
Les 192 ailes, parvenues au président, ont permis, avec l’aide de Luc Savary nouvellement formé à ce genre d’analyse, d’établir l’«âge-ratio » de la population des bécasses transitant par la Romandie. C’est la première fois en dix ans que l’on observe une si forte proportion de jeunes individus puisqu’ils constituent le 76% du contingent.
D’autre part, la mue des individus était statistiquement plus avancée que d’habitude et les mues achevées plus fréquentes.
Ces constatations semblent ainsi montrer que la reproduction s’est particulièrement bien déroulée dans les zones nordiques d’où proviennent la grande majorité des oiseaux prélevés.
Le poids moyen des jeunes bécasses est de 333 g, valeur proche de la moyenne habituelle toujours supérieure de quelques grammes à celles des oiseaux adultes qui vaut 330 g.
Tous les âges confondus, la moyenne s’élève à 332 g.
Au Tessin, la saison est la meilleure enregistrée depuis dix ans. L’indice cynégétique, bien qu’inférieur à celui des cantons romands, le confirme à l’évidence avec une valeur atteignant presque l’unité (0.96). Le passage lors de la première décade de novembre a été nettement supérieur à celui de la dernière décade d’octobre alors que ce fut le contraire en Suisse romande. Bien des oiseaux étaient encore là lors de la clôture de la chasse !
La proportion des jeunes s’élève à 80% ; elle est aussi supérieure, à celles qui sont enregistrées les années précédentes. Par ailleurs, et pour la première fois, cette même proportion se retrouve au nord des Alpes, dans le canton de Fribourg !
Le poids moyen des bécasses tirées au Tessin (321.5 g) est toujours inférieur d’une dizaine de grammes à celui de leurs congénères prélevées en Romandie (332 g). On peut encore signaler que le poids moyen des jeunes bécasses passant par le Plateau suisse ou le Jura dépasse de 13 g celui de celles qui migrent vers l’Italie !
En conclusion, on peut penser que, malgré un léger recul de l’indice cynégétique d’abondance relevé en Suisse romande, les autres constatations nous portent à croire que l’espèce n’est pas en péril. Nous restons cependant très attentifs, car nous savons bien que nous ne bénéficions que d’une faible partie du flux migratoire européen.

Ph. Leresche

Cantons

Feuilles ou participants

Heures

Sorties-type

Bécasses observées

Bécasses tirées

ICA

ICP

Envois d’ailes

Nombre d’ailes

Jeunes

Adultes

Age-ratio

FR 

18

731

209

271

56

1.30

0.27

12

66

53

13

80/20

NE

11

948

271

398

139

1.47

0.51 

7

75

58

17

77/23

JU 

4

118

34

64

8

1.89

0.24

4

8

6

2

75/25

VD 

12

525

150

224

49

1.50

0.33

8

43

29

14

67/33

Romandie 

45

2322

663

957

252

1.44

0.38

31

192

146

46

76/24

TI 

46

3956

1130

1081

505

0.96

0.45

33

420

336

84

80/20

Suisse 

91

6278

1793

2038

757

1.14

0.42

64

612

482

130

79/21