Pétition sanglier: halte à la dictature, la réponse du comité FCJC, suite et fin !
Le sanglier est une espèce mythique ancrée dans l'imaginaire des chasseurs jurassiens. Depuis qu'il est présent sur le territoire cantonal, il constitue un gibier de choix et sa chasse est passionnée et passionnante. Face à cet engouement, les rencontres entre chasseurs spécialistes pour décider de sa gestion amènent des débats nourris, des avis divergents et des dérives émotionnelles.
On le constate plus encore ces derniers temps face à la nécessité d’établir de nouvelles dispositions dans le plan de chasse 2007. Une cacophonie d’informations a donné naissance à des rumeurs qui, finalement, desservent la cause de la chasse noble et respectueuse de ce gibier-roi.
La FCJC, à l’aide des avis mesurés et compétents de ses membres, comme les chefs de chasse, les présidents de section, des pratiquants expérimentés et en se basant sur les statistiques des animaux abattus ces dernières saisons écoulées, en mesurant également différents paramètres ¬comme par exemple les pratiques limites de quelques « viandards », a décidé, comme elle en a le droit, d’effectuer une modification du plan de chasse 2007.
Ces mesures sont décrites dans la revue Diana du mois de mai 2007.
Ces décisions, prises à l'unanimité des membres du comité FCJC, partent des observations suivantes. Pour qu’une population de sangliers augmente, il est nécessaire d’épargner les adultes, d’offrir des zones de repos et de tranquillité, de favoriser l’alimentation naturelle et de réguler l’approvisionnement en fourrage artificiel.
La nécessité de prélever majoritairement des bêtes rousses (<40 kilos) est le résultat du constat suivant : ce sont les femelles matures et âgées qui ont le taux de reproduction le plus élevé. De plus, les laies meneuses connaissent le terrain et les zones alimentaires riches, elles mesurent l’impact des dangers qui pèsent sur la harde tout en assurant la pérennité de l'espèce.
Sans être un grand spécialiste, tout observateur devrait comprendre ces quelques règles simples et élémentaires, et par conséquent épargner les laies pour établir une gestion durable de l’espèce.
Pour résumer, la pression sur les grandes laies doit être diminuée, voire supprimée pour permettre une reconstitution rapide des effectifs. En osant pousser un peu plus loin le raisonnement des gestionnaires, nous pouvons affirmer que les grands mâles devraient également être épargnés ! Les études consultées et les avis d'experts sur ce sujet sont unanimes. Pour qui désirerait s’en convaincre et obtenir d’autres sources que celles de la FCJC, nous vous suggérons la visite du site de l’Office National de la Chasse en France – www.colloquesanglier.com – qui donne des informations plus complètes et plus scientifiques sur l’état de la question.
Fort de ces constats, les mesures proposées et préconisées vont dans le sens et le souci de donner aux quelque 400 chasseurs jurassiens la possibilité d'épingler un jour un gibier aussi convoité que le sanglier à son tableau de chasse. Ce que la FCJC a oublié de préciser, c’est la date à laquelle cet objectif réaliste devait être atteint. Ce qu’elle a omis de faire, c’est de formuler une information rapide et précise à tous ses membres.
Face au bon sens de notre analyse, nos propositions ont été acceptées et entérinées par les membres de la commission cantonale de la faune, par l'OEPN et par le ministre en charge des dossiers « Nature et Environnement ». Les agriculteurs soucieux de préserver les cultures ont souscrit sans réserve à nos propositions.
Certains chasseurs jurassiens ont estimé nécessaire de signer une pétition réclamant l'abrogation de la décision prise au niveau cantonal. Nous apprenons au moment d’écrire ce message que la pétition n’a pas été validée par le service juridique du canton du Jura.
Par souci de clarté et d’honnêteté, nous désirons porter à la connaissance des lecteurs jurassiens de la revue notre obstination à défendre tous les chasseurs respectueux de la chasse et du sanglier. Cet objectif de 400 sangliers tirés par année sur le territoire cantonal passe par la mise en application d’une règle simple et unique : le tir de laies adultes devient pénalisant. Cette pénalité n’est plus le fait de points à comptabiliser qui s’additionnent, se perdent, s’échangent dans le groupe ou auprès d’amis chasseurs qui s’apprécient, mais il est le fait de points comptabilisés et tarifés.
Nous avons conscience que cette nuance a des incidences concrètes. La pénalité que ces mesures occasionnent va à l'encontre de certaines pratiques. Nous comprenons, mais n’acceptons pas que pour certains chasseurs fortement minoritaires au sein de notre corporation, le partage des chances de tir ou encore l'action de chasse qui nécessite le renoncement au tir d’une laie qui se présente, constitue une sorte d'anomalie dans son action de chasse.
Les méthodes utilisées par quelques personnes pour annihiler les objectifs légitimes de la fédération cantonale sont des démarches non réfléchies et non crédibles pour assurer la pérennité de l'espèce sanglier dans le Jura.
Pourquoi cela ?
Les instigateurs de la pétition ont-ils informé les signataires du souci de la FCJC d’établir une équité des chances de tir entre tous les chasseurs ?
Ont-ils dit qu’en 2006 nous avions donné la parole aux chefs de chasse afin qu’ils fassent des propositions concrètes pour diminuer les tirs de laie en fin de période de chasse au sanglier ?
Ont-ils dit que nous ne cherchions pas à limiter nos libertés, nos prérogatives ou que notre objectif n'était pas de remplir les caisses de l'état ?
Ont-ils confirmé que les mesures que nous prenions en 2007 auraient concerné en 2006 moins de 2 % des chasseurs qui ont eu l’occasion de tirer un sanglier ?
Dès lors, comment peut-on affirmer les histoires farfelues entendues sur des prix exorbitants à payer en surplus de la patente ? Comment donner du crédit aux initiateurs de la pétition ?
Nous mesurons combien le sanglier est un animal passionnant. Sa gestion implique que les partenaires (chasseurs, chefs de chasse, membres du comité FCJC, OEPN) se rencontrent et discutent franchement pour partager et établir une écoute attentive des soucis de chacun. Nous le voulons et nous travaillons dans cette optique.
C’est pourquoi nous rappelons ici que la chasse concerne tous les chasseurs et non pas quelques spécialistes égoïstes. Nous ne voulons pas de chasseurs qui se disent « ce que j'ai laissé passer aujourd'hui, c'est l'autre qui le dégommera demain ».
La vision de la chasse au sanglier que nous partageons au sein du comité FCJC est celle qui cherche à moderniser le rapport que les chasseurs entretiennent avec ce noble gibier. Ce rapport de prédation passe par une transformation des actions de chasse vers un respect de règles strictes de gestion et un respect de l’animal en toute occasion.
Pour la Fédération Cantonale Jurassienne des Chasseurs : Jean-Luc Berberat, secrétaire.
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